Le Bayrou "responsable" deviendra-t-il "coupable" ?
Par Oaz, le 30 avril 2007, 15:31 - Sicap
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"Responsable mais pas coupable" la formule est devenue célèbre. A entendre les appels des uns et des autres à la "responsabilité" de François Bayrou pour ce deuxième tour de l'élection présidentielle, je reste dubitatif sur les raisons qui motivent cet élan, et, surtout, pessimiste à l'idée que toute la faute soit rejetée sur Bayrou lors de d'une éventuelle élection de Sarkozy le 6 mai prochain.
Jugeons un peu.
Jugeons un peu.
Guy Birenbaum, par exemple, attaque fort (on pouvait difficilement en attendre moins...) sur la personalité de Bayrou et son éventuelle stratégie :
Soit il condamne et attaque politiquement ces propos dangereux qui divisent et qui opposent, comme il l'a fait tout au long de sa campagne. Et alors, François Bayrou ne peut plus rester au milieu du gué. Feindre d'attendre le débat Royal/Sarkozy, pour ensuite botter en touche. François Bayrou doit choisir. Et parler.
Soit, il ne dit rien. Il laisse faire. En regardant ailleurs.
Et alors tout s'éclairera - tardivement pour moi -. François Bayrou n'aura joué depuis des semaines et des mois qu'une partition : celle du soliste (une sorte de caméléon ou de coucou...) qui aura dépecé et plumé la gauche, pour la liquider, puis la remplacer comme futur meilleur opposant du nouveau Président Sarkozy.
Le ton est donné. Soit Bayrou garde sa ligne de conduite au centre, sans faire un choix par défaut, qui ne serait, au mieux, qu'un pis-aller et il est l'égocentrique qui n'agit pas pour le bien du pays. Soit il quitte cette ligne et nombre de personnes lui reprocheront de trancher par intérêt personnel...
Un possible argument tiendrait à la nature de l'électorat centriste du 1er tour. Selon le Bondy Blog :
Le futur chef du Parti démocrate sait que de nombreux Français issus de l'immigration maghrébine et sub-saharienne ont voté pour lui dimanche dernier, dans l'espoir qu'au second tour, il formerait le meilleur rempart à Nicolas Sarkozy, qui leur fait peur. Ses 18,5%, François Bayrou les doit aussi à cet électorat-là.
Pourquoi pas ? Mais on pourrait probablement en dire autant de nombre d'électeurs d'une droite chiraquienne qui lui reprocherait un ralliement explicite à Ségolène Royal.
Un autre aspect à prendre en compte est le mouvement des diverses lignes ces dernières semaines. Carnets de nuit le rappelle :
L'Histoire ne repasse pas les plats : la main tendue de Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Bernard Kouchner, Michel Rocard, Daniel Cohn-Bendit et d'autres, n'est pas que de circonstance.
Une certaine partie de la gauche a effectivement multiplié les appels du pied quand la droite se contentait de débaucher les quelques députés sur siège éjectable.
Malgré tout, cela me laisse un sentiment amer de politique encore trop politicienne. L'essentiel n'est pas là mais dans les projets et les choix de chaque candidat. Heureusement, Hughes met le doigt sur ce qui, à mon avis, fait mouche :
François Bayrou, je le disais, espère pouvoir influencer les choix économiques de Ségolène Royal. Ces choix seraient même, à en juger par le ton du débat de vendredi, le seul point d'achoppement majeur entre la doctrine du PS et celle de son futur « Parti Démocrate ». A une semaine du jour J, il serait bon de voir Number Three mettre son ambition personnelle au congélateur, histoire de réfléchir à une vision un peu plus pragmatique de la construction de la social-démocratie sous nos latitudes. La belle du Poitou s'étant courageusement engagée à compléter son fameux pacte, un aggiornamento sur l'euro n'est-il pas le meilleur des adjuvants ?
La clef n'est pas dans ce qui unit Royal et Bayrou mais dans ce qui divise encore une gauche archaïque et la social-démocratie. L'euro fort et la politique économique européenne sont au coeur de ce clivage.
Alors, j'espère qu'il n'y aura personne dimanche soir pour culpabiliser Bayrou en cas de victoire de Sarkozy. Jules détaille les options possibles pour François Bayrou selon les diverses hypothèses quant au résultat du scrutin : aucune d'entre elles n'envisage une coalition allant d'Henri Emmanuelli à Charles de Courson.
Il faudra que la gauche démocrate s'en souvienne au soir du second tour.
Soit il condamne et attaque politiquement ces propos dangereux qui divisent et qui opposent, comme il l'a fait tout au long de sa campagne. Et alors, François Bayrou ne peut plus rester au milieu du gué. Feindre d'attendre le débat Royal/Sarkozy, pour ensuite botter en touche. François Bayrou doit choisir. Et parler.
Soit, il ne dit rien. Il laisse faire. En regardant ailleurs.
Et alors tout s'éclairera - tardivement pour moi -. François Bayrou n'aura joué depuis des semaines et des mois qu'une partition : celle du soliste (une sorte de caméléon ou de coucou...) qui aura dépecé et plumé la gauche, pour la liquider, puis la remplacer comme futur meilleur opposant du nouveau Président Sarkozy.
Le ton est donné. Soit Bayrou garde sa ligne de conduite au centre, sans faire un choix par défaut, qui ne serait, au mieux, qu'un pis-aller et il est l'égocentrique qui n'agit pas pour le bien du pays. Soit il quitte cette ligne et nombre de personnes lui reprocheront de trancher par intérêt personnel...
Un possible argument tiendrait à la nature de l'électorat centriste du 1er tour. Selon le Bondy Blog :
Le futur chef du Parti démocrate sait que de nombreux Français issus de l'immigration maghrébine et sub-saharienne ont voté pour lui dimanche dernier, dans l'espoir qu'au second tour, il formerait le meilleur rempart à Nicolas Sarkozy, qui leur fait peur. Ses 18,5%, François Bayrou les doit aussi à cet électorat-là.
Pourquoi pas ? Mais on pourrait probablement en dire autant de nombre d'électeurs d'une droite chiraquienne qui lui reprocherait un ralliement explicite à Ségolène Royal.
Un autre aspect à prendre en compte est le mouvement des diverses lignes ces dernières semaines. Carnets de nuit le rappelle :
L'Histoire ne repasse pas les plats : la main tendue de Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Bernard Kouchner, Michel Rocard, Daniel Cohn-Bendit et d'autres, n'est pas que de circonstance.
Une certaine partie de la gauche a effectivement multiplié les appels du pied quand la droite se contentait de débaucher les quelques députés sur siège éjectable.
Malgré tout, cela me laisse un sentiment amer de politique encore trop politicienne. L'essentiel n'est pas là mais dans les projets et les choix de chaque candidat. Heureusement, Hughes met le doigt sur ce qui, à mon avis, fait mouche :
François Bayrou, je le disais, espère pouvoir influencer les choix économiques de Ségolène Royal. Ces choix seraient même, à en juger par le ton du débat de vendredi, le seul point d'achoppement majeur entre la doctrine du PS et celle de son futur « Parti Démocrate ». A une semaine du jour J, il serait bon de voir Number Three mettre son ambition personnelle au congélateur, histoire de réfléchir à une vision un peu plus pragmatique de la construction de la social-démocratie sous nos latitudes. La belle du Poitou s'étant courageusement engagée à compléter son fameux pacte, un aggiornamento sur l'euro n'est-il pas le meilleur des adjuvants ?
La clef n'est pas dans ce qui unit Royal et Bayrou mais dans ce qui divise encore une gauche archaïque et la social-démocratie. L'euro fort et la politique économique européenne sont au coeur de ce clivage.
Alors, j'espère qu'il n'y aura personne dimanche soir pour culpabiliser Bayrou en cas de victoire de Sarkozy. Jules détaille les options possibles pour François Bayrou selon les diverses hypothèses quant au résultat du scrutin : aucune d'entre elles n'envisage une coalition allant d'Henri Emmanuelli à Charles de Courson.
Il faudra que la gauche démocrate s'en souvienne au soir du second tour.


Commentaires
"45% des électeurs Bayrou revendiquent un vote contestataire" - Sondage des internautes sur http://www.ExtremeCentre.fr
la gauche a perdu ! une grande désilusion