20h15. J'arrive sur place avec un quart d'heure de retard sur l'horaire de début. J'entre dans la salle. La représentation (puisqu'il faut bien appeler les choses par leur nom) a déjà commencé. La présidente est à la manoeuvre. Il devient rapidement évident que la soirée sera animée. C'est ainsi que dix minutes après mon arrivée je remballe mes velléités de compte-rendu chronologique : pour une réunion sans queue ni tête, un tel choix n'a pas de sens.

De cette soirée, il me reste l'image d'un grand bazar d'où rien de bon ne peut sortir. En fin de soirée, lex me disait que pour qu'une réunion se passe bien, il fallait que les problèmes aient été règlés en amont de la réunion et que l'on n'y vienne que pour entériner des choix. Cette vision des choses me gêne car elle implique, au moins entre les lignes, que des individus soient mis devant un fait accompli sans pouvoir y réagir. Il est toutefois certain que des conflits latents entre de nombreuses personnes ne peuvent pas être rêglés dans un environnement contraint par l'espace et par le temps.
Alors où est la solution ?
Pour moi, il n'y en a qu'une et je vais encore la mettre en avant (il parait qu'en politique il est normal de répéter de nombreuses fois le même discours, alors j'en profite). L'expression libre des membres d'un groupe à destination des autres membres doit pouvoir être garantie en permanence. Chacun participant à son rythme et selon ses moyens, il ne faut pas attendre de la majorité des gens une implication de tous les instants (c'est irréaliste sur une population au delà de quelques personnes). Il faut donc garantir un espace de communication permanent multidirectionnel. Le fait de le rendre permanent permet de ne pas accumuler la pression qui rend ingérable un rassemblement ponctuel.
Certains invoqueront la constitution de comités, de commissions ou que sais-je d'autre afin de concilier les uns et les autres. Ils invoqueront cela en prenant pour prétexte que si tout le monde peut s'exprimer tous azimuts, c'est le bazar. Et ils auront tort. Si l'espace de débat est permanent, ceux qui ne jouent pas le jeu du dialogue raisonnable tiennent bien moins facilement la distance que lors de réunions d'apparat où un Michel Valdiguié peut venir nous servir encore et encore les mêmes plats trop réchauffés.

Et le rapport avec la réunion du modem ? Il est simple : cet espace de débat permanent n'existe pas. La faute en revient indubitablement à l'exécutif local en place.
Est-ce par calcul pour tirer profit d'une situation stagnante ? Est-ce par inexpérience dans la gestion d'un mouvement où se réunissent de nombreux militants (ce qui est certainement la différence objective entre l'UDF et le Modem) ? Est-ce par méconnaissance des technologies qui permettent de déplacer une partie du débat dans un lieu sans contrainte de temps et d'espace ? Difficile à dire...
Est-ce qu'il faut en vouloir à Elisabeth Husson-Barnier pour ne pas avoir su gérer convenablement cette période de création du modem au niveau local ? Un peu, oui. Mais certainement pas au point de lancer les attaques auxquelles j'ai pu assister hier soir. Elles sont indignes de quiconque se qualifiant de "démocrate".

Il y a eu la question de la constitution d'un bureau provisoire. Alors, oui, il est vrai le bureau en train de se constituer n'est peut-être pas représentatif. J'attends, tout de même, que quelqu'un me démontre le contraire. N'ayant pas eu vent de la composition de ce bureau, je serais bien en peine pour la critiquer ! On en revient donc au problème de communication qui est certainement gênant mais peut être pas au point d'aller beugler son mécontentement basé sur des présomptions.
Il y a eu aussi la question des fichiers d'adhérents transmis à on ne sait qui. Là encore, on a eu droit à des bêlements pseudo-démocrates qui n'ont que faire de valeurs que je croyais pouvoir partager telle la présomption d'innocence. Aujourd'hui, il est difficile de savoir combien de personnes ont eu accès à ce fichier, aussi bien au niveau local qu'au niveau national. Si l'on accorde autant de crédit aux rumeurs sur la situation toulousaine qu'à celles concernant l'entourage de François Bayrou, la question est très loin d'être tranchée.

Tout ça pour dire que les imperfections existent mais que se plaindre et vociférer ne fera pas avancer le schmilblic. En ce qui me concerne, j'ai également quelques reproches à l'adresse de l'organisation locale. Tous concernent le manque de communication.
J'ai annoncé hier à l'assemblée l'existence d'un vrai scrutin à la mi-janvier là où la présidente avait vaguement décrit la collaboration entre divers responsables départementaux afin de gérer les candidatures au conseil national du modem. Il fallait bien que quelqu'un le fasse puisque dans ce mouvement où on se prétend démocrate, certains vont jusqu'à tenter de cacher aux adhérents l'existence d'une élection interne... Normalement, suite à mon intervention, un email sur le sujet devrait parvenir rapidement à l'ensemble des adhérents du département. On verra...
Mon autre grief porte sur la présence du modem 31 sur internet. J'ai envisagé un instant d'aborder publiquement le sujet, puis je me suis dit que ce ne serait qu'un message perdu dans le bordel ambiant. Internet semble être le cadet des soucis des militants "de terrain", ceux qui viennent à toutes les réunions. Internet semble d'ailleurs être aussi le parent pauvre de la candidature JL Forget à la mairie de Toulouse...
Pour tenter de faire réagir les instances officielles disposant d'un modem31.fr acheté par l'UDF mais inutilisé à ce jour, j'ai acquis le nom de domaine modem31.org. La seule réaction que cela a suscité, c'est une demande pour le céder ! Aujourd'hui, je pense que je peux en avoir une meilleure utilisation... Et peu importe ce que quiconque en pensera...

J'ai déjà beaucoup écrit et je me rends compte que je n'ai pas encore abordé la guéguerre qui a occupé une bonne partie de la soirée. C'est peut-être parce que, en fin de compte, il n'y a pas grand chose à en dire. La chose la plus troublante était que l'on pouvait trouver des partisans des 2 camps aussi bien côté scène que côté salle.
Dans le premier camp, on distingue les partisans d'une realpolitik où seule compte la présence d'élus et la prise de pouvoir. Leurs représentant sur scène venaient tour à tour vendre leur soupe d'alliance. Dans la salle, ils bénéficiaient d'un soutien parfois étonnant de personnes dont on ne savait pas trop ce qu'elles venaient faire là, quelques toulousains égarés craignant que la ville rose le devienne encore plus. Les uns comme les autres ne manifestaient visiblement pas un grand intérêt pour le contenu des divers projets. Ces gens là, avec leur peau d'orange et leur cerveau bleu ne méritent pas plus de mots.

Dans l'autre camp, Jean-Luc Forget était venu accompagné de son fan club. Comment appeler autrement un troupe enthousiaste dont la présence et l'entrain semblent être la condition nécessaire à la prise de parole de leur leader ? Je sais que plusieurs d'entre eux vont lire ces lignes. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas. J'admire sincèrement leur punch. Je les trouve très "modem collection printemps-été 2007". Ils vivent à l'échelon local ce que nous avons tous vécu à l'échelon national au printemps dernier. Jean-Luc Forget exprime indéniablement un positionnement proche de celui du Bayrou des présidentielles. Ses interventions sont toujours impeccables. J'ai particulièrement apprécié son positionnement sur le cumul des mandats. Je scrute toujours son site internet en y attendant le contenu de son projet (mais maintenant on a droit a un vrai blog avec son flux rss, merci Etienne). J'attends aussi une posture plus collective avec l'ensemble des co-listiers mais peut-être suis-je trop gourmand ?...
Malgré les points positifs, je n'arrive pas à m'enthousiasmer. Je suis certainement trop "modem collection automne-hiver 2007-2008", le modem que F.Bayrou donne l'impression de laisser tomber en transigeant ville après ville sur les principes qui l'avaient mis sur un piédestal. J'espère me tromper mais le 9 mars c'est à la fois très loin et très proche. Trop proche pour pouvoir développer auprès des toulousains un projet dont 99.9% d'entre eux ne connaissent encore rien. Suffisament loin pour voir naître des incendies que F.Bayrou sera tenté d'éteindre par une douche froide.
Jean-Luc Forget et ses fans seront-t-ils alors en mesure de garder le cap ?