Dans ses statuts, le mouvement démocrate définit de nombreuses entités qui permettent de le structurer. La mise en oeuvre récente des élections du collège d'adhérents au conseil national a permis de mettre en évidence la méconnaissance, par absence d'information ou par absence d'intérêt, de ces structures, de leur rôle et de leur composition. J'ai repris quelques schemas du temps des discussions sur les statuts pour faire une version actuelle de la structure globale du mouvement (cliquer sur l'image pour une version entièrement lisible). Structure du MoDem

Même si on peut regretter l'absence de séparation des pouvoirs, le bureau exécutif national faisant partie de l'organe délibératif/législatif que constitue le conseil national, il est essentiel que l'équilibre des pouvoirs entre les divers membres du conseil national soit respecté. Sans cela, un quelconque partage des responsabilités et équilibre des pouvoirs resterait à l'état d'utopie.
Concrètement, le conseil national est composé de :

  • L'ensemble des présidents des mouvements départementaux (environ 100 personnes)
  • Les membres du bureau exécutif (30 personnes)
  • Les représentants des élus de la république française (60 personnes)
  • Les représentants des adhérents (180 personnes)

Au final, les représentants des adhérents ne sont que 180 sur 370 membres du conseil national. Ce qu'il faut bien comprendre dans l'élection actuelle du collège des adhérents pour le conseil national, c'est qu'il ne s'agit que de l'élection de ces 180 personnes. Il faut que les adhérents prennent garde : s'ils tiennent à avoir une parole qui leur ressemble au conseil national, ils n'ont aucun intérêt à voter pour des listes où seraient présents des élus de longue date, des "personnalités" locales.
Non pas que ces personnes-là n'aient rien à apporter au MoDem et à son conseil national, bien au contraire ! L'expérience des élus de terrain est incontournable et il ne faut surtout pas la mettre de côté. Mais les statuts, que le congrès du Mouvement Démocrate a approuvé, définissent un équilibre entre les différentes composantes humaines de ce mouvement.
Voter pour des listes qui mettent en avant une prétendue diversité en incluant des "personnalités", souvent aux premières places, c'est mettre en péril cet équilibre. La diversité doit venir des différents collèges représentés au conseil national.

J'ai lu et entendu certaines personnes invoquant la conférence nationale, dont l'élection aura probablement lieu courant 2008, comme véritable lieu de représentation des adhérents. Là encore, j'ai l'impression d'une manipulation, volontaire ou non, d'une partie des adhérents. La conférence nationale n'est rien d'autre qu'une structure technique permettant de se substituer à l'organisation d'un congrès annuel.
Pour des raisons de coût, la tenue d'un congrès n'est prévue que tous les 3 ans. Dans l'intervalle, la conférence nationale permet d'aprouver les textes majeurs du Mouvement Démocrate. Elle n'est donc pas un organe de représentation où peuvent se tenir des débats prolongés. Le jour où, comme les statuts le prévoient, le congrès sera organisé de manière décentralisée, avec des outils de communication efficaces, la conférence nationale sera caduque.
Pour plus de démocratie au sein du MoDem, il faut que les adhérents acquièrent une connaissance précise de son organisation. Je n'ai pas évoqué ici les échelons locaux, départment et région, qui restent à construire et qui seront également un lieu où l'implication de tous devra être garantie. Les statuts laissent une certaine latitude pour cela.

Les partis politiques, le MoDem ou son ancêtre UDF comme les autres, ont une tendance naturelle à la démocratie "hiérarchique". En cela, ils ne font que reproduire les structures que l'on retrouve par ailleurs, notamment dans la république française. Le jouet à la mode, c'est de vendre de la démocratie participative comme un flux d'information qui remonte de la base au sommet alors que la seule qui puisse exister c'est celle où tous les acteurs collaborent sur un pied d'égalité (lire à ce sujet un excellent article de Thierry Crouzet).
D'autres modèles sont possibles. Lentement, le monde de l'entreprise effectue ce type d'évolution (suivant une voie tracée par Toyota et d'autres). Le monde des organisations politiques n'est pas obligé de rester dans cette vision statique.
Je crois que le MoDem a une carte à jouer dans ce domaine là.