Vers une démocratie participative : partage des responsabilités
Par Olivier Azeau, le 16 janvier 2008, 16:16 - Sicap
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Après avoir pointé les problèmes relatifs à l'utilisation des nouvelles technologies dans le fonctionnement d'un mouvement politique et proposé des pistes pour une plus grande démocratie participative grace, entre autres, à l'aide de ces mêmes technologies, j'aimerais parler un peu plus de l'aspect humain que nécessite une telle évolution, du moins telle que je l'imagine.
Les solutions apportées par la technologie sont pour les questions d'information et de communication. La condition pour que ces solutions soient efficaces est que la totalité des personnes souhaitant s'impliquer dans un mouvement puissent le faire à la hauteur de leurs envies. Pour cela, il est essentiel que l'ensemble des responsabilités soient partagées.
Dans ses statuts, le mouvement démocrate définit de nombreuses entités qui permettent de le structurer. La mise en oeuvre récente des élections du collège d'adhérents au conseil national a permis de mettre en évidence la méconnaissance, par absence d'information ou par absence d'intérêt, de ces structures, de leur rôle et de leur composition.
J'ai repris quelques schemas du temps des discussions sur les statuts pour faire une version actuelle de la structure globale du mouvement (cliquer sur l'image pour une version entièrement lisible).

Même si on peut regretter l'absence de séparation des pouvoirs, le bureau exécutif national faisant partie de l'organe délibératif/législatif que constitue le conseil national, il est essentiel que l'équilibre des pouvoirs entre les divers membres du conseil national soit respecté. Sans cela, un quelconque partage des responsabilités et équilibre des pouvoirs resterait à l'état d'utopie.
Concrètement, le conseil national est composé de :
- L'ensemble des présidents des mouvements départementaux (environ 100 personnes)
- Les membres du bureau exécutif (30 personnes)
- Les représentants des élus de la république française (60 personnes)
- Les représentants des adhérents (180 personnes)
Au final, les représentants des adhérents ne sont que 180 sur 370 membres du conseil national. Ce qu'il faut bien comprendre dans l'élection actuelle du collège des adhérents pour le conseil national, c'est qu'il ne s'agit que de l'élection de ces 180 personnes. Il faut que les adhérents prennent garde : s'ils tiennent à avoir une parole qui leur ressemble au conseil national, ils n'ont aucun intérêt à voter pour des listes où seraient présents des élus de longue date, des "personnalités" locales.
Non pas que ces personnes-là n'aient rien à apporter au MoDem et à son conseil national, bien au contraire ! L'expérience des élus de terrain est incontournable et il ne faut surtout pas la mettre de côté. Mais les statuts, que le congrès du Mouvement Démocrate a approuvé, définissent un équilibre entre les différentes composantes humaines de ce mouvement.
Voter pour des listes qui mettent en avant une prétendue diversité en incluant des "personnalités", souvent aux premières places, c'est mettre en péril cet équilibre. La diversité doit venir des différents collèges représentés au conseil national.
J'ai lu et entendu certaines personnes invoquant la conférence nationale, dont l'élection aura probablement lieu courant 2008, comme véritable lieu de représentation des adhérents. Là encore, j'ai l'impression d'une manipulation, volontaire ou non, d'une partie des adhérents. La conférence nationale n'est rien d'autre qu'une structure technique permettant de se substituer à l'organisation d'un congrès annuel.
Pour des raisons de coût, la tenue d'un congrès n'est prévue que tous les 3 ans. Dans l'intervalle, la conférence nationale permet d'aprouver les textes majeurs du Mouvement Démocrate. Elle n'est donc pas un organe de représentation où peuvent se tenir des débats prolongés. Le jour où, comme les statuts le prévoient, le congrès sera organisé de manière décentralisée, avec des outils de communication efficaces, la conférence nationale sera caduque.
Pour plus de démocratie au sein du MoDem, il faut que les adhérents acquièrent une connaissance précise de son organisation. Je n'ai pas évoqué ici les échelons locaux, départment et région, qui restent à construire et qui seront également un lieu où l'implication de tous devra être garantie. Les statuts laissent une certaine latitude pour cela.
Les partis politiques, le MoDem ou son ancêtre UDF comme les autres, ont une tendance naturelle à la démocratie "hiérarchique". En cela, ils ne font que reproduire les structures que l'on retrouve par ailleurs, notamment dans la république française. Le jouet à la mode, c'est de vendre de la démocratie participative comme un flux d'information qui remonte de la base au sommet alors que la seule qui puisse exister c'est celle où tous les acteurs collaborent sur un pied d'égalité (lire à ce sujet un excellent article de Thierry Crouzet).
D'autres modèles sont possibles. Lentement, le monde de l'entreprise effectue ce type d'évolution (suivant une voie tracée par Toyota et d'autres). Le monde des organisations politiques n'est pas obligé de rester dans cette vision statique.
Je crois que le MoDem a une carte à jouer dans ce domaine là .


Commentaires
Je peux entendre tout ce qui relève de la démocratie participative, des méthodes mais il ne faut pas oublier la fonction d'une organisation. C'est à partir d'elle que l'on doit réussir à créer un cheminement légitime.
Une entreprise son but premier c'est de produire des richesses qui lui rapportent et pas qui lui perdent.
Un parti c'est de faire triompher ses valeurs, ses projets en gagnant des élections.
Toute réflexion sur la démocratie interne doit partir de cela.
Je ne crois pas que le modèle d'organisation de Toyota ait été de faire la meilleure voiture, mais surtout la voiture qui lui rapportent le plus face à ses concurrents.
Appliqué à la politique, ce serait plutot comment gagner des élections en impliquant le plus
lex,
Sur le parallèle avec Toyota, je pense qu'il faut séparer 2 choses bien distinctes :
- la conception et construction d'un produit, la définition d'un projet. Pour Toyota, des voitures ; pour un parti, un projet politique ;
- la diffusion du produit ou du projet et les gains que l'on en retire. Pour Toyota, la vente de voitures et les bénéfices ; pour un parti, les élections, l'exercice du pouvoir et l'amélioration de la société.
Bien que la démarche puisse s'appliquer à ces 2 points, je restreint mon propos au 1er d'entre eux qui correspond à mon expérience personnelle.Si Toyota a autant de réussite c'est justement parce que la société a plus focalisé son attention sur les méthodes, sur une amélioration continue de celles-ci (le kaizen) que sur la réalisation d'un produit bien précis.
L'idée n'est donc pas de maximiser ses efforts sur la définition du meilleur projet possible et encore moins de définir le projet qui suffise à battre ses concurrents.
Pour ces raisons, je pense que le succès viendra de l'amélioration des pratiques démocratiques, sans avoir, en première approche, d'autre but que cette amélioration.
Cela n'empêche pas d'avoir, simultanément et selon le contexte, des préoccupations tactiques, tant qu'elles ne déteignent pas sur une stratégie plus globale.