Toulouse7 rappelle à quel point le bilan est difficile pour la municipalité sortante. Il n'y a plus qu'un Jean-Michel Lattes pour venir soutenir la nécessité d'un deuxième aéroport et d’une deuxième rocade. Contrairement aux autres candidats, Jean-Luc Moudenc n'a pas daigné venir rencontrer les bloggers. Le maire actuel était d'ailleurs étrangement absent des débats puisque son adjoint aux transports n'a, me semble-t-il, jamais prononcé son nom. A l'inverse la famille Baudis était là au grand complet puisque Mr Lattes n'a, par contre, pas manqué d'évoquer leurs actions des décennies passées.
Nunuc, lui aussi, met en avant cette difficulté qu'a la municipalité UMP (puisqu'il faut bien appeler les choses par leur nom) a défendre ses positions, surtout lorsque des partisans zélés ne trouvent rien d'autre à faire que des blagues stupides sur les trains soviétiques. Ceux qui auraient raté ce triste moment peuvent se rattraper en allant regarder les photos chez l'A.P.Ré. Hormis cette tentative d'humour, il faut noter que l'A.P.Ré, bien que proche de la municipalité sortante, fait un compte-rendu relativement honnête de l'évènement et mentionne, à juste titre, qu'il n'est désormais plus question de faire un 2ème aéroport mais de "réserver des terrains" au cas où.

Pierre CohenS'il ne fallait lire qu'un billet pour avoir un rapport concis des débats, ce serait assurément celui de "toulouse municipales2008" où l'on retrouve en quelques lignes les grandes orientations de chaque candidat. Pour ceux qui veulent aller un peu plus dans les détails, ça se passe chez Hyarion. De tels billets sont très intéressants, même pour ceux qui étaient dans l'assistance car, il faut bien l'avouer, à moins d'être impliqué et documenté sur le thème des transports, les débats étaient parfois trop techniques.
Jacme a d'ailleurs rappelé que la municipalité était représentée par un technicien. Ce que je peux facilement confirmer ayant noté quelques élements du vocabulaire employé : "multimodalité", "réseau en étoile", "plan de remise en cause des discontinuités cyclables". Le principal adversaire, Pierre Cohen, n'est d'ailleurs pas en reste sur ce plan là. Il a fallu que j'en appelle à wikipedia pour comprendre ce qu'il voulait dire par "TCSP". Si on rajoute à cela les sous-entendus du discours politicien usuel "on verra la différence entre ceux qui le veulent vraiment ou pas", on ne peux pas dire que l'un soit plus avenant que l'autre.

A titre personnel, je suis content d'avoir "découvert" François Simon et Gérard Onesta qui, même s'il ne sont pas (encore) sur la même liste ont eu le mérite d'apporter des éclairages intéressants et une vision séduisante pour l'avenir des déplacements dans l'agglomération. Le point gênant avec François Simon c'est le décalage entre sa vision que tout le monde peut apprécier (liaisons banlieue à banlieue, contournement ferroviaire) et sa mise en oeuvre gauchisante (financement totalement collectivisé, refus du secteur privé dans l'exploitation des transports).François Simon
A l'inverse de Pinocchio, j'ai particulièrement aimé l'intervention de Gérard Onesta sur les alternatives aux transports, avec la visio-conférence comme exemple. S'il y avait eu le temps, cela aurait pu être une ouverture vers un débat d'une autre ampleur : quelles alternatives aux déplacements physiques pour la vie économique, sociale, culturelle, etc. Car c'est finalement ce que je regrette par rapport à un débat sur les transports : tout le monde ou presque part du principe que se déplacer est une fatalité. Des milliards sont dépensés pour rendre les transports plus efficaces mais on ne pense pas assez à voir ce qui pourait être fait pour réduire le nombre de déplacements, en transport individuel ou collectif, dans notre mode de vie.

Jean-Luc ForgetIl y a un candidat dont je n'ai pas encore parlé, c'est le "notre", celui du MoDem. Pour être honnête, je suis un peu déçu de sa prestation. Pas sur l'aspect purement relationnel où il est largement au dessus du lot quand il s'agit d'aller à la tribune mais sur le contenu. La démarche du MoDem est la meilleure : il ne faut pas arriver avec trop de propositions toutes faites et il faut se mettre dans les conditions d'un dialogue permanent avec les citoyens qui veulent s'impliquer. Cela est valable pour le transports comme pour tous les autres domaines.
Mon problème, c'est que je ne vois pas encore comment Jean-Luc Forget envisage ce dialogue. Il parle des "Etats Généraux des Transports et de la Mobilité" mais je serais bien incapable de décrire en quoi cela consiste concrètement. Ca va être l'enjeu majeur du MoDem pour ces élections : être en mesure de donner une réalité au changement de méthode proposé.
Je vais m'arrêter là sur le MoDem sinon il y aura un Petit Grognard de passage pour dire que je critique trop...

Avec toutes ces considérations sur les candidats, on en oublierait presque que la république des blogs, du moins dans sa formule d'origine, c'est avant tout une rencontre de bloggers. Sans aller jusqu'au point de vue du Monolecte qui aurait préféré que les candidats ne soient pas là (et qui au passage devrait se renseigner sur les adhérents MoDem avant de les associer à l'hypercentre toulousain), je pense que la rencontre aurait été plus intéressante s'il y avait pu avoir discussion entre bloggers à la place d'un débat "en étoile" avec les candidats comme centre de gravité. A ce titre, je rejoins la proposition de CSP qui voudrait que la prochaine fois la formule soit un peu différente. Les politiques "connus", candidats ou pas, devraient pouvoir y participer, s'ils le veulent, mais sans en être le centre de gravité. S'ils ont vraiment des choses intéressantes à dire, une formule plus ouverte leur offrirait probablement un meilleur echo sur le web. D'ailleurs, comme le dit Monsieur Poireau "De toutes facons, ça continuera après la campagne et on verra si les élus sortis des urnes continuent le dialogue ou non !".
En fin de compte, tout le monde reste un peu sur sa faim concernant le dialogue entre bloggers. J'ai pu toutefois échanger quelques mots avec Teddy sur les similitudes entre Rouen et Toulouse en ce qui concerne les guerres politiques ville-banlieue (visiblement, là-bas aussi la ville est bleue est les banlieues sont roses) mais aussi sur leurs différences, le centre ville piétonnier de Rouen étant de bien meilleure facture.

Rendez-vous est donc pris pour le 1er mars pour une république des blogs que l'on ne peut que souhaiter "2.0" à tous les sens du terme.