A chacun son MoDem
Par Oaz, le 1 mars 2008, 01:01 - Sicap
- Lien permanent
-
Lorsque j'écris quelque chose au sujet du Mouvement Démocrate, il m'est difficile de ne pas pointer certains travers que je considère comme difficilement acceptables. Mon précédent billet n'a pas échappé à cette règle. Dans un des commentaires, le Petit Grognard me dit que je me "focalise trop sur les élections internes" et qu'"on s'en fout de tous ces petits jeux d'appareils".
Je ne partage pas ce point de vue. Un des problèmes fondamentaux du Mouvement Démocrate est que je ne suis pas le seul adhérent à penser cela et que l'avis du Petit Grognard est également partagé par beaucoup de monde.
A la suite de l'impulsion donnée par François Bayrou au printemps 2007, nous avons été des milliers à le suivre dans ce MoDem. Nous avons suivi, bien évidemment, sur la base d'un programme pour les élections présidentielles mais surtout sur une promesse, celle de "faire de la politique autrement". Le hic, c'est que, quelques mois après, cette "politique autrement" semble s'être déclinée sur autant de comportement individuels que le MoDem compte d'adhérents.
Il faut se rendre à l'évidence : nous avons tous voulu idéaliser une autre façon de faire de la politique et, aujourd'hui, il semble difficile de trouver un dénominateur commun rassemblant un nombre conséquent d'adhérents.
Même les textes fondateurs ne semblent pas satisfaire ce critère là. Normalement, tout le monde devrait se retrouver sur les statuts mais on ne compte plus les références à une imaginaire "Commission Nationale d'Arbitrage et de Contrôle" qui n'est définie nulle part mais dont tout le monde invoque les décisions.
A quoi cela sert-il d'avoir défini des statuts ? Comment peut-on reprocher au président de la république de prendre des libertés avec la constitution française (et il n'en manquera pas au MoDem pour cela, moi y compris) et, dans le même temps, toutes proportions gardées, faire fonctionner le MoDem selon le bon plaisir de quelques dirigeants en s'essuyant les pieds sur le seul texte officiel définissant le mouvement ?
A ces questions existentielles, nombre d'adhérents répondront que l'heure n'est pas à tout ce qui pourrait déstabiliser le MoDem : il y a des élections à gagner. C'est leur droit. Pour ma part, ces élections, je n'en ai rien à f..... Ce militantisme aveugle n'a rien d'enthousiasmant. Marie-Laure l'exprime bien mieux que je ne saurais le faire.
Si c'est ça faire de la politique "autrement", il faudra m'expliquer ce qu'est faire de la politique de la même manière. Pour l'instant cet "autrement" consiste surtout à faire campagne avec une écharpe orange à la place d'une écharpe rose ou bleue...
J'en arrive même à trouver pertinentes les remarques de Koz, un blogueur relativement favorable à Sarkozy, sur le positionnement électoral du MoDem :
J’ai une aversion manifeste pour un positionnement qui n’est que la poursuite de la vieille politique sous de nouveaux atours. Une aversion certaine pour un positionnement dans lequel les alliances occupent une telle place. Notamment lorsque celles-ci ne se décident qu’avec la première certitude arithmétique des résultats du premier tour.
Il ne faut pas se voiler la face. Dans de nombreuses communes le MoDem joue la meilleure stratégie possible pour avoir des élus, peu importent les contorsions que cette stratégie exige. C'est le droit des adhérents MoDems d'agir de la sorte, mais, alors, je vois encore moins ce que j'ai en commun avec ces gens là.
Dans ce foutoir MoDemesque, il n'est pas aisé de faire ressortir une ligne directrice globale. Le Petit Grognard explique la nécessité d'un vote modéré repoussant les extrêmes mais cela reste à mon avis trop vague pour constituer une colonne vertébrale fiable.
Il y a un an, j'avançais une hypothèse quant à la bipolarisation des projets politiques. Le résultat des présidentielles l'a, en grande partie, réfutée. Même si je reste convaincu que l'opinion est, fondamentalement, sur une tendance globale tri-polarisante, je suis encore plus convaincu que le MoDem est actuellement incapable d'incarner un vote centro-démocrate mieux qu'une bonne partie du PS ou de l'UMP. Ces poids lourds, même en l'absence de projet politique novateur, sont tellement bien implantés dans le jeu politique actuel que, de mon point de vue, le salut du MoDem doit prendre un autre chemin.
Le problème de ce chemin, c'est que personne n'en connait le tracé exact. KaG Luther King fait un rêve où tous les adhérents du MoDem avancent dans la même direction et finissent par cohabiter dans un MoDem au fonctionnement collectif harmonieux. Cela ne sera certainement pas pour demain, mais même pour après-demain, je commence à avoir quelques doutes. Ce n'est pourtant pas par manque de sisyphes démocrates qui n'en finissent plus d'être en mouvement et qui nous proposent encore et encore de construire quelque chose.
Même si cela reste la meilleure chance de voir un jour un MoDem proche de ce que je l'imagine, je n'ai même pas le coeur à accompagner ce mouvement. Mes rations de motivation sont au plus bas (et je ne suis pas le seul dans ce cas). Il va me falloir encore un peu de temps pour reconstituer le stock.
Dans le fond, ma gêne vient du fait que, quel que soit l'angle avec lequel les militants abordent les choses, on retombe toujours sur un schéma connu. Personne ne s'approche de cet "autrement" tant loué.
Etre capable de "travailler avec les uns comme avec les autres" ? Mais qui, en réalité, n'en est pas capable ?
Quelle vanité faut-il avoir pour croire que le premier quidam venu, sous prétexte qu'il n'est encarté, ni à l'UMP, ni au PS et qu'il porte un pin's orange serait capable mieux que d'autres de faire travailler tout le monde ensemble, comme par magie ?
Jusqu'à présent, tout ce que j'ai pu voir comme "politique autrement" au MoDem, c'est la capacité à faire toujours les mêmes choses mais avec de nouvelles têtes. On peut maintenir une illusion pendant quelques semaines, voire quelques mois, mais les limites de ce petit jeu vont bientôt être atteintes. L'écran de fumée fourni par le calendrier électoral ne tardera pas à se dissiper.
Aujourd'hui, je suis convaincu que la croissance du MoDem passe par un changement de paradigme. Arrêter de voir le MoDem comme un "appareil" est une piste possible pour ce changement. Un appareil, par définition, cela sert à quelque chose. Le consensus actuel, c'est qu'un appareil politique sert à gagner des élections.
Et si faire de la politique autrement passait par en finir une fois pour toute avec cette irrésistible envie de gagner des élections ? Il y a de nombreuses autres choses que peut faire un parti politique. Par exemple, faire émerger un sentiment collectif de vaste ampleur comme le propose Thierry Crouzet.
Quelques esprits chagrins objecteront que le seul moyen de changer les choses c'est d'exercer le pouvoir et que, pour cela, il faut passer par les élections et la conquête de ce pouvoir. Je répondrai simplement que c'est un point de vue parmi d'autres et que, jusqu'à présent, nombreux sont ceux qui ont promis un changement à travers leur exercice du pouvoir. Bien peu ont effectivement changé les choses en profondeur.
Là encore, il faut une sacrée dose de vanité pour oser croire qu'il est facile de faire mieux que les autres.
Quel que soit le sens dans lequel je tourne la question "comment faire de la politique autrement ?", je retombe inévitablement sur la même conclusion. Il n'y a pas au MoDem de surhomme capable a priori de faire mieux que les autres en conservant le schéma actuel. La seule solution c'est de casser les codes, d'essayer d'aller là où personne n'est encore allé, même si le chemin parait, politiquement parlant, complètement dingue ou suicidaire.
Mon acharnement sur le respect absolu des textes du MoDem tient de cette logique : faire fonctionner un mouvement politique qui respecte ses statuts à la virgule près, ça c'est réellement novateur dans un espace public où l'on s'accommode trop souvent de quelques arrangements avec les lois.
Peu m'importe s'il était bon pour le MoDem qu'untel puisse être investi pour les municipales car tout retard constituait un handicap électoral : le gain de l'élection n'a que peu d'intérêt à mes yeux en comparaison des contorsions acceptées.
Idem pour les suspensions/exclusions de quelques adhérents qui se réclament du MoDem sans en avoir l'investiture. Peu m'importe le tord qu'ils peuvent causer comparé au tord que le MoDem se cause à lui-même en plaçant une certaine morale au dessus du texte des statuts.
Certains critiqueront probablement mon point de focalisation sur le MoDem alors qu'un parti devrait être tourné vers "les problèmes des gens".
Là encore je répondrai qu'une telle façon de voir les choses est inexorablement liée au schéma dominant qui considère que les partis politiques sont là pour apporter des solutions aux "problèmes des gens". Personne n'ose suggérer que les mieux placés pour résoudre ces fameux problèmes, ce sont les gens eux-mêmes. Ce discours ne serait pas très vendeur d'un point de vue électoral mais il n'est pourtant pas forcément éloigné de la réalité.
La suite logique du raisonnement c'est de savoir ce qu'un parti politique peut proposer pour que les gens résolvent eux-mêmes leurs propres problèmes mais c'est un terrain bien glissant où peu de monde ose s'aventurer... Pourtant, même si ça ne ferait pas gagner des élections, ça serait intéressant.
Pour en revenir au MoDem, un autre point sensible, c'est son organisation interne. Je vois déjà poindre la sacro-sainte organisation hiérarchique avec ses généraux, ses capitaines, ses sergents et sa chair à canon. Cette organisation hiérarchique sera bien évidemment associée à un découpage géographique minutieux. Quelle innovation !
J'en ai même entendu dire que la meilleure organisation c'est celle qui est calquée sur le découpage électoral pour le scrutin considéré. Dans ces conditions, j'ose à peine proposer une organisation entièrement ouverte où, au sein des entités géographiques définies par les statuts, chacun serait libre de se regrouper avec qui il veut.
Que quelques cases soient nécessaires pour cadrer les idées et permettre à tout le monde de savoir qui fait quoi, c'est une chose. Que toutes les cases soient définies en fonction de critères à l'utilité douteuse, c'est autre chose.
Quelque chose me dit que le MoDem choisira la structuration la moins innovante possible...
Malgré tout cela, je sais aujourd'hui que je ne suis pas près de lacher le morceau. Et tant pis si je dois rester le vilain petit canard qui n'en fait qu'à sa tête. Tant pis si je ne partage cette vision des choses qu'avec moi-même.
Cela ne durera que jusqu'à l'épuisement de mes rations de motivation mais j'aurai au moins la satisfaction d'avoir agi pour pousser le MoDem dans la direction qui me semblait la meilleure.
A chacun son MoDem. Je commence à avoir une bonne idée de celui dont j'ai envie.


Commentaires
J'ai répondu partiellement sur l'autre billet.
Le MoDem est un parti, et il fonctionne comme les autres quoi qu'en dise les dirigeants ou l'expriment les militants.
La bonne nouvelle de ton billet est que tu t'accroches.
En revanche, ma conviction de voter Forget ne se limite pas à un rejet des extrêmes même si c'est important.
Et je continue à militer pour le parti, bien au-delà des personnes car il faut bien que certains aillent au charbon. Sinon on se cassera toujours le gueule. C'est comme la présidentielle de 2007. Qui a fait campagne ici ? Quelques jeunes UDF ! Après tout le monde débarque, mais une réussite, ça se cultive...
Je suis en train de passer 1500 tracts. Si chaque adhérent toulousain ne distribuerait en serait-ce que 50 tracts, on recouvrirait la ville... Ne crois pas que dans la liste, ça se passe sans couac, il y en a qui râlent vu le peu d'implication de certains (les jeunes par exemples sont pour le moment moins présents).
Et bonjour à Gold, l'Apré, qui vont se délecter de ce billet ;-)
Si le MoDem se contente de proposer des idées en restant dans le mode de fonctionnement des partis que l'on connait actuellement, il est mort. Je ne peux pas le dire autrement : à plus ou moins brève échéance, il est mort.
Sur bien des points (exemple : la construction européenne) il n'y a quasiment pas de place pour une offre nouvelle d'idées entre un PS socio-démocrate et une UMP nouvelle-centrisée. Je suis convaincu que le salut du MoDem passe par une offre différente de méthode. Les idées seules ne suffiront pas.
Et pour avoir cette offre différente de méthode, il n'y a pas 50 solutions. Un fonctionnement "traditionnel" ne débouchera que sur une offre "traditionnelle" d'idées qui essayent de se démarquer de celles du voisin. Pour changer cela, il faut que le MoDem commence par appliquer à lui-même un mode différent de fonctionnement.
Lequel ? Je ne sais pas.
Mon vécu sur Internet et dans le monde des logiciels libres m'amène à favoriser le développement d'un fonctionnement un réseau avec une structure hiérarchique réduite à son minimum (c'est à dire ce que l'on a déjà dans les statuts). Mon expérience professionnelle dans la mouvance des méthodes agiles m'amène à préférer les itérations rapides pour toute la mécanique de décision/action et les équipes auto-organisées possédant un fort pouvoir de décision.
Franchement, militer pour les idées actuelles, je ne vois pas où ça nous mène. Il y a aucun élément objectif qui me permette de dire qu'avec un MoDem au pouvoir il y aurait du changement vers quelque chose de mieux.
Pour les élections locales actuelles, j'aurais vraiment préféré ait quelques idées fortes sur le plan national. Par exemple, quelques propositions de F.Bayrou aux présidentielles portaient sur une réforme de la décentralisation. Pourquoi ce thème là, avec d'autres, n'a pas été repris de manière transversale par toutes les candidatures MoDem ? Les candidatures MoDem aux municipales auraient pu, par exemple, se fédérer en candidatures intercommunales plutôt que de rester dans la sacro-sainte élection communale qui, au regard des prérogatives respectives des communes et des communautés de communes, relève plus de l'anachronisme.
Là encore, ce n'est qu'une idée parmi d'autres. Ce que j'essaie d'expliquer c'est que le MoDem ne sera utile à la société française qu'en proposant une offre alternative sur le plan de la méthode, en sortant des sentiers battus.
Inutile de dire, je pense, qu'un MoDem qui resterait sur un fonctionnement traditionnel n'a aucun intérêt à mes yeux.
Bien sûr que cela sert ! Si le MoDem fait un score de merde aux élections, on prend un retard fou, on ne bénéficiera pas d'une dynamique... Un succès en entraîne un autre...
Moi je veux bien être dans un parti qui fait moi que l'extrême gauche, mais au moins je ne me serai pas contenté de regarder les trains passés.
Il est préférable de garder ses états d'âme jusqu'au lendemain des élections... Le parti parfait n'existe pas et le MoDem est un jeune parti qui ne peut que progresser dans son mode de fonctionnement. Pour faire de la politique autrement, il faut d'abord avoir des élus. En cas d'échec lors des municipales le MoDem risque de disparaître. Attends le 17 mars avant de publier de tels billets.
Hey les gars ! Faudrait un peu lire ce que je raconte !
Pas la peine de venir me parler de la dynamique d'un succès électoral ou de la nécessité d'avoir des élus alors que j'essaie par tous les moyens de vous expliquer que faire de la politique autrement ça commence par considérer qu'il n'y a aucun intérêt à se préoccuper de la moindre élection !
Et voilà, une ration de motivation en moins...@ oaz : je partage tes idées mais j'ai bien peur que cette idée de fonctionnement différé ait été enterré à Villepinte. L'été dernier il y a eu un foisonnement de propositions, il n'en est rien resté.
"faire de la politique autrement ça commence par considérer qu'il n'y a aucun intérêt à se préoccuper de la moindre élection !"
Autant tu sais que je ne suis pas dans l'optique "il faut être élu à tout prix, chaque adhérent doit vouloir l'être", autant un part sans élu, ce n'est plus un parti, c'est un club. Tu es un peu naïf, gentil et sympathique mais naïf.
Petit Grognard, moi, naïf, certainement pas. Utopiste, probablement mais ma seule utopie porte sur l'adjectif "autrement". Faire campagne de la même manière que le voisin en portant des idées qui diffèrent légèrement tout en ayant le même objectif d'être élu à la place de l'autre, ce n'est pas ça que j'appelle faire de la politique "autrement".
Laure, je sais bien que trop de choses ont été enterrées mais avec une bonne pelle, on peut déterrer tout ce qui a été enfoui. Il suffit pour cela que ceux qui creusent soient plus nombreux que ceux qui rebouchent les trous.De toutes façons, si le MoDem ne revient pas à une démarche plus proche des espoirs initiaux, il est mort. Il ne sera qu'un petit parti d'appoint de plus donc sans intérêt. Autant continuer à espérer faire bouger les choses, avant de partir. Ce qui ne manquera pas de m'arriver si rien de tout cela ne change avant la mise en place de la structure définitive. Pour ma part, la date limite à laquelle je prendrai une décision finale c'est la 1ère réunion de la conférence nationale.
Non, vous ne partagez pas votre vision des choses qu'avec vous-même... J'ai tout lu et même si je ne suis pas d'accord avec 100% du contenu, je suis globalement en phase. Et je pense que nous ne sommes pas seuls (bien que minoritaires, c'est vrai).
Quant à la date limite, j'espère que votre patience vous permettra de la retarder un peu plus...
Heureux d'apprendre que je ne suis pas seul !
Pour ce qui est de la date limite, on verra bien pour quand sera prévue cette conférence nationale. Déjà, il faudrait que ses membres soient élus. Arrivera-t-on à faire la première conférence avant la fin 2008 ? Les paris sont ouverts...
Il est clair que si elle n'a pas eu lieu d'ici septembre 2008, ce parti se révèlera clairement être une mascarade (pour rester poli).
"Et si faire de la politique autrement passait par en finir une fois pour toute avec cette irrésistible envie de gagner des élections?" L'idée semble a priori très sympathique mais pas très réaliste. Au contraire, il est sain de présenter des candidats et d'affronter le suffrage électoral... (ce que feu l'UDF faisait peu).
Sinon, le MoDem ne serait qu'un think tank de plus. Et ça, ça ne m'intéresse pas du tout.
Surtout, je pense que le malaise actuel est passager et directement lié aux élections municipales. Le mode de scrutin voudrait nous faire choisir entre deux camps. Choisir de s'allier avec l'UMP aujourd'hui serait stupide. Avec le PS, prématuré.
Je pense aussi que ces élections sont les dernières de l'ère UDF. Le MoDem a dû faire quelques concessions à ses élus (qui ont tout de même eu le mérite de ne pas fuir vers le Nouveau Centre!); mais il a surtout mis en avant de nouvelles têtes qui seront amenées à le représenter à l'avenir. Ce changement de génération est positif (même si je trouve que certains sont bien impatients ;-) ).
Les prochaines échéances électorales (européennes et régionales) seront plus simples en terme de tactique électorale: scrutin à la proportionnelle et thématiques (l'Europe et la décentralisation) où le MoDem a un message différent à faire passer. Du coup, on passera plus de temps à débattre des idées et moins à se regarder le nombril...
Bref, comme tous, je ressent le "flottement"; mais j'essaye de relativiser.
L'essentiel, ce ne sont pas les élections internes dont, personnellement, je me contre-fous. C'est bien la construction d'un projet, d'une alternative crédible.
Réfléchissons par exemple à nos propositions sur le social, où le MoDem n'a rien de bien original à proposer à ce jour...
bien d'accord avec avel mor
J'abandonne... Vous êtes vraiment trop formattés pour croire encore qu'un parti fonctionnant sur le modèle de la recherche du pouvoir puisse accoucher d'un projet intéressant...
C'est pas du formatage. C'est du pragmatisme. Un parti, ce n'est pas un club.
Qui a dit que le MoDem était un club ?
Certainement pas moi...
Bonjour, je découvre tardivement ce billet passionnant !
OAz "Si le MoDem ne revient pas à une démarche plus proche des espoirs initiaux, il est mort. Il ne sera qu'un petit parti d'appoint de plus donc sans intérêt." Là-dessus, je suis bien d'accord. "En tant que démocrate".
OAz : "Faire de la politique autrement ça commence par considérer qu'il n'y a aucun intérêt à se préoccuper de la moindre élection" Là-dessus, je suis en désaccord complet. "En tant que démocrate" aussi. Je crois à la valeur des élections (internes certes, élections au sens strict surtout).
On voit bien que la logique des élections, des campagnes et tractations - car il faut une majorité pour gouverner, et nous sommes minoritaires - est presque partout gérée avec des tactiques floues, opaques, hiérarchiques, où le militant est essentiellement utilisé comme agent d'exécution.
On est donc face à un défi difficile :
* Ou bien on laisse béton : on pense que la démocratie s'apprécie à petites doses, un parti démocrate n'ont pas de sens ; bref, on est socialiste ou sarkozyste, ou radsoc ;
* Ou on la joue Obama : il est possible d'aller à l'élection en faisant de la politique autrement (au passage, ça demande une organisation de folie et une auto-discipline de fer) ;
* Ou on pense les deux nécessaires, mais la tension trop forte : il faut d'un côté des partis opaques et féodaux, de l'autre des organisations citoyennes sans but électoral - bref, des ONG politiques, ou des "Esprit-Marianne"… hypothèse déjà émise par Eric Julliard sur France démocrate.