Le centriste est par essence quelqu'un qui se définit par rapport à un axe gauche/droite existant. Tous les centristes n'ont pas un parcours politique unique. Certains sont arrivés au centre en passant par la gauche, d'autres y sont arrivés en passant par la droite. En cherchant bien, on devrait en trouver qui soient passés par les deux. L'engagement du centriste auprès de Francois Bayrou peut être très récent comme très ancien. Il peut avoir vécu les multiples vicissitudes de l'UDF tout comme son adhésion au MoDem peut être son premier engagement politique.

Le centriste fonde sa plus value poltique sur sa capacité à dialoguer avec des personnes cataloguées à gauche ou à droite de l'échiquier politique. Il partage avec ses alliés potentiels un certain humanisme et il se retrouve bien souvent avec eux sur l'actuelle construction européenne. Par ailleurs, il n'apprécie pas beaucoup les choix portés par les extrêmes de tout bord.

Le démocrate est tout autant impliqué dans la voie tracée par Francois Bayrou et il a bien des choses en commun avec le centriste. Leurs parcours politiques respectifs sont souvent similaire : passage par des cases "gauche" ou "droite" ; ancienne adhésion à l'UDF ou engagement tout récent au MoDem.

Cependant, le démocrate rechigne à se positionner sur l'axe gauche/droite du centriste. Il pense qu'il faut dépasser ce clivage. Pour cela, le positionnement central ne lui apparait pas comme la panacée car il entretien, voir pérennise, l'existence de cet axe.

Le centriste et le démocrate se sont tous deux reconnus dans l'appel lancé par François Bayrou à faire de la "politique autrement" mais ils peinent à mettre en oeuvre ce changement de la même manière. Le centriste, résolument pragmatique, sait qu'un changement de grande ampleur ne peut pas se faire en quelques mois. Il pense que, pendant ce temps là, si le MoDem veut exister, il lui faut jouer le jeu politique actuel en ayant des élus à travers les meilleures alliances possibles. La position d'élu lui apparait comme seul moyen concret d'agir pour ses idées et, à travers un contact privilégié établi avec les citoyens, comme véritable porte d'entrée pour la promotion du MoDem.

Le démocrate a une vision plus absolue du futur du MoDem. Il souhaite que son mouvement soit à l'origine d'une refondation des pratiques démocratiques, d'où son appellation "démocrate". Le centriste trouve cette dénomination un peu étrange. Pour lui, les autres principaux partis sont tout autant "démocrates". Il ne ressent pas ce terme comme un élément différenciant.
A l'inverse, le démocrate pense que seule une telle identité renouvelée est à même de porter au plus haut niveau ses ambitions sur la place des hommes dans la société, loin des prises de pouvoir et des gestions d'intérêts qui ne seraient pas conclues par les citoyens et pour l'ensemble d'entre eux.

Bon gré mal gré, centriste et démocrate cohabitent au sein du MoDem. Les uns en ne perdant pas de vue la nécessité de construire dans la durée malgré leur énergie tournée vers quelques résultats concrets à court terme. Les autres en soutenant les actions menées tout en restant vigilant sur l'esprit qui préside à leur déroulement et sur le respect des engagements pris en commun au travers des statuts du mouvement.

Les futures échéances internes qui se dérouleront à la lumière de la participation du MoDem aux récents scrutins seront décisives pour établir la nécessaire cohabitation entre les diverses approches.
Tout laisse penser que l'exercice ne sera pas facile mais la survie du MoDem et les bases de sa croissance future en dépendent.