Une idée simple pour le MoDem : la liberté de groupement
Par Olivier Azeau, le 24 mars 2008, 17:03 - Sicap
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A l'heure où, grâce à diverses avancées technologiques, le monde est devenu relativement plat, force est de constater que les entités géographiques dominent encore les organisations crées ex nihilo.
Le mouvement démocrate s'est donné le département comme unité de base de sa structure. Personne ne remet en cause ce choix là . Maintenant il s'agit de faire vivre les mouvements départementaux et, pour cela, d'autres groupements seront nécessaires. Des groupements de plus faible granularité pour sortir du cadre départemental et des groupements de granularité plus fine compatibles avec un travail à l'échelle humaine.
En suivant la logique géographique, le découpage le plus aisément appréhendé est celui qui décompose les départements en circonscription, les circonscriptions en cantons et (sauf dans les grandes villes) les cantons en communes. C'est, dans la plupart des cas, le mode de fonctionnement actuel du MoDem hérité de celui de l'UDF.
Il a sa logique interne : en se calquant sur les entités électorales, il permet à un ensemble de personne d'être implicitement en ordre de bataille pour le moindre scrutin. Il a aussi ses inconvénients. En établissant a priori des subdivisions, il ne tient pas compte des individus dans leur diversité et il laisse la porte ouverte à l'établissement de baronnies sans qui rien n'est possible sur une circonscription ou un canton donné.
Alors, certes, sur ce découpage géographique viennent se calquer des découpages thématiques. Sur critères d'age pour les uns (jeunes démocrates), sur titre pour les autres (fédération des élus), sur la capacité à maitriser certaines technologies pour les troisièmes (fédération internet). Mais quelle garantie avons nous que cette superposition de couches prédéfinies soit la meilleure pour le mouvement, si ce n'est l'expérience de quelques uns qui n'envisagent à aucun moment d'essayer de fonctionner "autrement" ?
Si l'on considère que les mêmes cheminement aboutissent bien souvent aux mêmes résultats, l'occasion nous est donnée d'injecter un peu de nouveauté dans ce schéma.
Bien sûr, l'absence totale de structures officielles en deçà du département est difficilement envisageable. Un cadre sécurisant est nécessaire pour ceux qui ne voient que le chaos là où il souhaiteraient des groupes clairement identifiés.
Une bonne solution intermédiaire me parait être la constitution d'entités par liberté de groupement. Le besoin prioritaire est d'avoir des groupes de personnes identifiées comme travaillant ensemble. Peu importe si ces personnes sont dans la même circonscription, le même canton ou la même commune.
En pratique, cela peut se dérouler de manière très simple. Les adhérents d'un département ayant l'occasion de nouer des contacts (via des réunions départementales ou des listes d'adhérents), ils se constituent en groupes auto-désignés. Si les adhérents d'un canton veulent fonctionner ensemble, très bien ! Ils peuvent le faire. Si certains adhérents veulent se regouper sur d'autres affinités, très bien aussi !
L'essentiel est d'arriver à une liste de groupes connue de tous à l'échelon départemental. En fournissant un cadre strict mais léger on augmente les chances d'implication des uns et des autres.
Deux raisons à cela :
- on ne contraint pas ainsi les individus à apporter leur contribution à un groupe tenu par une ou plusieurs personnes avec lesquelles le courant passe mal. Il est inutile de nier les problèmes qui surviennent systématiquement dans toute relation humaine. Mieux vaut les éviter quand c'est possible sous peine de gaspi.
- on donne systématiquement aux individus l'occasion d'apporter quelque chose. Quoi de pire que d'appartenir à une entité géographique où il ne se passe rien ? (et parfois par la volonté de quelques uns...)
Certains diront "mais alors, on fait comment pour les élections si on n'a plus d'entité correspondant au découpage concerné ?" La réponse courte, c'est que qui dit élection, dit candidat. La réponse longue sera dans un prochain billet.


Commentaires
Très, très intéressant ...
Tout à fait d'accord avec toi. C'est une très bonne idée et les statuts le permette déjà .
Qu'attendons-nous ?
Je suis d'accord avec l'objectif : éviter la création des baronnies, freiner des égos boursoufflés et surtout injecter un peu de nouveauté. Les groupements thématiques peuvent être une solution en ville, mais pas ailleurs. S'il faut faire 100 km pour rejoindre son groupe... Je propose un autre moyen pour atteindre le but recherché : introduire une dose de "tirage au sort" parmi les volontaires pour le conseil départemental. Idée saugrenue au premier abord, le tirage au sort permet à parer aux inconvénients majeurs des élection dans un parti politique. C'est une idée à creuser (Cf billet de GuillaumeD accessible via un lien sur mon site).
Très intéressant
http://democratesmouvement.free.fr/...
Voici l'amendement proposé par les démocrates en mouvement en décembre ...
Projet refusé par Bayrou et non retenu par les adhérents.
@Marie-Laure,
je n'arrive pas à trouver le texte définitif des statuts ...
Mais je crois savoir de source sûre que les Mouvements Départementaux s'organisent selon un règlement intérieur propre... Donc il devrait être possible de s'organiser territorialement ou de manière thématique.
En tout cas, merci pour le lien. Ces reflexions me semblent très importantes. En faisant très court, je dirais que l'on aura soit une organisation territoriale donc ...de type féodal soit une organisation ...orientée processus...
@Spaulding
Pour les statuts, j'ai le lien suivant (lien trop long, 3 parties à réconstituer):
http://www.mouvementdemocrate.fr/evenements/telechargement/statuts_modem.pdf
Oaz> j'ai corrigé le lien
Merci pour le rappel Marie-Laure mais c'était il y a 4 mois. Une éternité à l'échelle de la durée de vie du MoDem !
De plus, comme le précise Spaulding, les mouvements départementaux ont une latitude d'organisation (article 15 alinea 2). Pourquoi ne pas en profiter lorsque c'est possible ?
Si le MoDem construit depuis le sommet a du mal à émerger, peut être que la base pourra faire quelque chose...
C'est certain que les informations recueillies juste à l'instant chez Hervé font penser qu'il vaut mieux s'organiser en transversal tous seuls (je suis au passage absolument d'accord avec le commentaire que tu as posté).
Il est également possible de créer des associations liées au parti. C'est prévu dans le cadre des statuts. On peut donc laisser libre court à nos envies.
@Werner cette idée de dose d'aléatoire me plaît beaucoup.
Il me semblait que la notion de "courants" était prohibé au sein du MoDem. Si c'est le cas, cela pourrait s'apparenter fortement à des courants, car on sait bien que certains groupes vont grossir, prendre de l'importance et devenir finalement un "sous MoDem" au niveau national, et donc in fine recréer une notion de baronnie.
@Alexandre Berneau
Malheureusement, les "sous Modem", nous les avons déjà . Ils sont bien installés. Chez nous, ils ont "gagné" les élections au CN sans faire campagne, sans rédiger une profession de foi ! Les "baronnies" représentent le passé. Les élections départementales sont à la croisé des chemins...
@Alexandre Berneau
Une organisation transverse n'est pas une organisation en courants qui s'opposent les uns aux autres, mais au contraire, une organisation par objectifs décidés localement mais dont la cohérence peut (et doit) être gérée par le national.
Sachant que dans un tel système, le système d'information (à mon sens la fédération Internet) joue un rôle clé.
@ Werner et Oaz: Merci pour le lien sur les statuts
Je pense qu'il nous faut d'abord nous reunir et nous rassembler pour faire en sorte qu'une féderation departementale " modem " soit enfin crée ( et ce partout ) afin que nous ayons une premiere et stable ossature !
Ensuite ce que tu proposes et en effet interressant , mais comme alexandre Berneau je trouve que cela appelle les courants ....
Antonin et d'autres lancent le projet de la " féderation internet " il me semble que le 1er travail devrait d'abord se porter là dessus , d'ailleurs la federation internet figure ds les statuts .....travaillons avec ce qui est déja écrits et voté ! ;)
@Alexandre,
Pour autant que je sache, il n'y a pas de "prohibition" au MoDem, du moins pas dans les statuts.
De plus, j'ai l'impression qu'il y a comme une confusion autour de la notion de "baronnie". Pour moi, elle n'est pas liée à l'existence de sous-groupes. D'ailleurs, soyons réalistes, une organisation réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes aura toujours besoin de sous-groupes pour fonctionner, qu'ils soient décidés arbitrairement ou librement.
Le fond du problème c'est la segmentation géographique sur laquelle un adhérent n'a pas de prise (à moins de déménager...) Une vraie baronnie c'est celle où l'adhérent est captif. Avec un système de groupes librement constitués, personne ne se retrouve prisonnier.
@luke,
Ne vois tu pas que les groupes librement constitués peuvent être une formidable ossature pour un mouvement départemental ?
Et travailler sur cela rentre tout à fait dans le cadre des statuts déjà votés : Article 15 "Dans le respect des statuts nationaux, les mouvements départementaux ou territoriaux s'organisent librement"
Quoi de plus explicite ?
Tu proposes la constitution de clubs de -reflexions ,en cela l'idée est bonne et elle fonctionne déja dans une grande generalté d'ensemble .
-A noter que l'association " toulouse autrement " continuera son travail de reflexion autour des 3 élus mouvement démocrates au conseil municipal .....
-Que ces rencontres soit " libres" et de proximitées cela n'est non plus pas un probleme .par contre si on sort de la reunion d'amis dans une cuisine , il me semble indispensable que ces " clubs " soient referencés aupres de la federation , pour justement qu'ils ne soient pas un club d'amis fermés à tout contacts exterieurs ( hormis de celui du cercle ) ...Et le fait de s'auto-déclarer club de reflexion du " modem " demande aussi me semble t'il vérification de la féderation .
Chaque chose et chaque étape en son temps ...me semble t'il
@luke,
Je ne sais pas ce que tu entends par "elle fonctionne déja dans une grande generalté d'ensemble".
Aujourd'hui, rien de tel ne fonctionne car rien n'est fait pour permettre aux adhérents de communiquer entre eux.
Si "Toulouse Autrement" continue, c'est très bien : tu as déjà là un groupe naturel.
Que les instances locales gèrent la liste des groupes : très bien. Mais la seule chose qu'ils peuvent "vérifier" c'est que les membres appartiennent effectivement au MoDem.
Par ailleurs, je n'aime pas le terme "club de réflexion" qui est trop connoté et limitatif. Concrètement je ne propose qu'un alternative aux groupes par circonscription ou par canton. Ceux-ci peuvent subsister mais rien ne doit empêcher des adhérents de former leur propre groupe qui aura autant de légitimité qu'un ensemble d'adhérents de circo. C'est juste pour mettre un peu d'huile dans le système. Le découpage en circo est totalement artificiel et je pense que l'on peut faire mieux.
Cette proposition est une évidence, je ne comprends pas les oppositions...
D'autant plus que rien n'empêchera les gens de se réunir (et même avec des gens ne faisant pas partie du MoDem, quelle horreur!), inutile de faire l'autruche ! (Cela existe déjà , d'ailleurs...)
Alors autant donner de la visibilité à la chose, cela a de nombreux avantages et notamment de pouvoir mutualiser les expériences (par ex. confrontation de résultats de groupes planchant sur des thèmes similaires mais dans des régions différentes, et production d'une synthèse).
Vivement la "réponse longue" ;-)