En suivant la logique géographique, le découpage le plus aisément appréhendé est celui qui décompose les départements en circonscription, les circonscriptions en cantons et (sauf dans les grandes villes) les cantons en communes. C'est, dans la plupart des cas, le mode de fonctionnement actuel du MoDem hérité de celui de l'UDF.
Il a sa logique interne : en se calquant sur les entités électorales, il permet à un ensemble de personne d'être implicitement en ordre de bataille pour le moindre scrutin. Il a aussi ses inconvénients. En établissant a priori des subdivisions, il ne tient pas compte des individus dans leur diversité et il laisse la porte ouverte à l'établissement de baronnies sans qui rien n'est possible sur une circonscription ou un canton donné.

Alors, certes, sur ce découpage géographique viennent se calquer des découpages thématiques. Sur critères d'age pour les uns (jeunes démocrates), sur titre pour les autres (fédération des élus), sur la capacité à maitriser certaines technologies pour les troisièmes (fédération internet). Mais quelle garantie avons nous que cette superposition de couches prédéfinies soit la meilleure pour le mouvement, si ce n'est l'expérience de quelques uns qui n'envisagent à aucun moment d'essayer de fonctionner "autrement" ?

Si l'on considère que les mêmes cheminement aboutissent bien souvent aux mêmes résultats, l'occasion nous est donnée d'injecter un peu de nouveauté dans ce schéma.
Bien sûr, l'absence totale de structures officielles en deçà du département est difficilement envisageable. Un cadre sécurisant est nécessaire pour ceux qui ne voient que le chaos là où il souhaiteraient des groupes clairement identifiés.

Une bonne solution intermédiaire me parait être la constitution d'entités par liberté de groupement. Le besoin prioritaire est d'avoir des groupes de personnes identifiées comme travaillant ensemble. Peu importe si ces personnes sont dans la même circonscription, le même canton ou la même commune.

En pratique, cela peut se dérouler de manière très simple. Les adhérents d'un département ayant l'occasion de nouer des contacts (via des réunions départementales ou des listes d'adhérents), ils se constituent en groupes auto-désignés. Si les adhérents d'un canton veulent fonctionner ensemble, très bien ! Ils peuvent le faire. Si certains adhérents veulent se regouper sur d'autres affinités, très bien aussi !

L'essentiel est d'arriver à une liste de groupes connue de tous à l'échelon départemental. En fournissant un cadre strict mais léger on augmente les chances d'implication des uns et des autres.
Deux raisons à cela :

  • on ne contraint pas ainsi les individus à apporter leur contribution à un groupe tenu par une ou plusieurs personnes avec lesquelles le courant passe mal. Il est inutile de nier les problèmes qui surviennent systématiquement dans toute relation humaine. Mieux vaut les éviter quand c'est possible sous peine de gaspi.
  • on donne systématiquement aux individus l'occasion d'apporter quelque chose. Quoi de pire que d'appartenir à une entité géographique où il ne se passe rien ? (et parfois par la volonté de quelques uns...)

Certains diront "mais alors, on fait comment pour les élections si on n'a plus d'entité correspondant au découpage concerné ?" La réponse courte, c'est que qui dit élection, dit candidat. La réponse longue sera dans un prochain billet.