L'irrémédiable inefficacité du système éducatif
Par Oaz » 20 avril 2008, 14:10 - Sicap
Ma récente organisation d'une fête d'anniversaire m'a valu une involontaire plongée dans la triste réalité des résultats de notre système éducatif. En effet, il n'est pas très agréable lors d'un jeu pour enfants de se rendre compte que certains d'entre eux ne peuvent en profiter à cause de quelques lacunes.
C'est d'autant plus gênant que le système actuel, malgré ses réussites, semble inéluctablement voué à creuser les écarts entre les élèves et que personne ne parait avoir les moyens d'améliorer cela.
Mon petit jeu de chasse au trésor et message codés devait, du moins dans mon esprit, ne pas poser de problèmes insurmontables à une dizaine d'élèves de cours préparatoire. La plupart commence à bien maîtriser les mécanismes élémentaires de la lecture, notamment la manipulation des lettres et des sons. De plus, le travail par équipe de trois devait niveler les quelques différences qui pouvaient subsister.
Pour mon plus grand malheur j'ai organisé un tirage au sort pour la constitution des équipes. Le hasard étant très taquin, je me suis retrouvé avec une équipe qui a terminé le jeu deux fois plus vite que les autres et une deuxième équipe qui s'est bien amusé en avançant à son rythme de manière autonome. Mais le vrai problème est venu de la troisième équipe qui n'est jamais vraiment rentrée dans le jeu. Divination d'un mot sur deux lors de la lecture d'une phrase, ré-invention d'une règle incomprise, désintérêt total pour l'activité. Je n'aurais jamais pu imaginer un tel écart entre les enfants. Six d'entre eux ont vraiment adoré et les trois autres se sont mortellement ennuyés.
Si un tel fossé dans la compréhension des fondamentaux scolaires dès le cours préparatoire, qu'en sera-t-il dans quelques années ? Si l'on en croit l'INSEE, la réussite de la scolarité élémentaire dépend avant tout du niveau de compétences à l’entrée au CP. Ce niveau d'entrée dépend bien évidemment de plusieurs facteurs (le milieu familial, la scolarité à l'école maternelle, ...) mais, dès les CP, l'influence de ces divers facteurs est moindre par rapport à celle du niveau acquis par l'élève. Extrait de l'étude de l'INSEE :
Les chances de parvenir en sixième à l’heure ou en avance sont deux fois plus liées à ce niveau initial qu’à l’origine sociale ou au niveau d’études des parents. Ce lien apparaît dès le début de la scolarité élémentaire mais il s’intensifie au fur et à mesure de son avancement. Ainsi, un élève qui faisait partie des 10 % d’écoliers les plus faibles à l’entrée au CP a seulement une chance sur deux d’arriver à l’heure ou en avance au CE2 et une chance sur trois d’atteindre dans les mêmes conditions la sixième. En revanche, la presque totalité des écoliers entrés au CP avec un niveau d’acquis les classant parmi les 40 % de meilleurs élèves parviennent en sixième sans redoublement. À l’évidence, de toutes les caractéristiques de l’élève prises en compte, c’est ce niveau à l’entrée au CP qui pèse le plus fortement sur les chances de parvenir sans redoublement en sixième : son impact est cinq fois plus fort que celui du diplôme de la mère ou de l’origine sociale.De même, le niveau de compétences en français et en mathématiques aux évaluations nationales de sixième est fortement lié au niveau à l’entrée en CP. Ainsi, un écolier qui faisait partie des 10 % d’élèves les plus faibles à l’entrée au CP réussit, à caractéristiques démographiques et familiales comparables, 30 items de moins sur 100 en français et 39 items de moins en mathématiques qu’un écolier faisant partie des 10 % d’élèves présentant les compétences initiales les plus élevées . Les disparités de réussite selon le niveau initial sont, en français comme en mathématiques, quatre à cinq fois plus fortes que celles associées à l’origine sociale.
Pas de quoi être très optimiste... De plus, je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup d'innovation pour résoudre ces problèmes.
Commentaires
vu qu'on ne peut pas faire de commentaire au billet suivant, j'en fait un ici. Moi j'ai trouvé la solution à ton problème : je ne fais pas d'enfant... hi hi hi
NDLR: commentaire déplacé depuis le billet précédent
C'est un peu radical comme méthode non ?
Mais il y a un peu de vérité dans cette réponse : ceux qui font des enfants doivent les assumer, y compris en se préoccupant vraiment de leur scolarité.
C'est préoccupant en effet...
Ceci dit tout en gardant l'égalité des chances en tête, le système ne doit pas nier les différences existant entre les élèves mais s'y adapter et leur proposer un parcours idoine.
Par ailleurs, il faut toujours prendre ces chiffres avec des pincettes : entre les modalités de leur obtention, leur traitement, l'interprétation de "simples" corrélations statistiques... mrbpfh