Un MoDem central ?
Par Olivier Azeau, le 22 avril 2008, 16:14 - Sicap
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Le blog Gauche Libérale publie une mise à jour de son Paysage Politique Français. Le MoDem y tient une belle place centrale (difficile de faire plus au centre d'ailleurs) mais est-elle représentative de la réalité ?
Cernée de tous les côtés par divers partis aux caractéristiques hétéroclites, cette position du MoDem est peut être la vision la plus véhiculée mais elle me semble trop étriquée pour porter tous les espoirs que ce mouvement a pu susciter.
Deux réflexions me viennent à l'esprit en voyant ce schéma :
- Le MoDem a été bâti sur le ralliement à François Bayrou d'un grand nombre de personnes venues d'horizons très divers qui dépassent le cadre d'un "centre", même si l'on considère une version "élargie" de celui-ci. Je ne peux pas croire que ces personnes ont entièrement abandonné leur positionnement originel pour se rapprocher d'un centrisme historique. Elles sont venues au MoDem parce qu'elles ont trouvé un écho à leurs idées dans un discours de F.Bayrou qui a su, pour un temps, sortir de ce clivage. Au delà d'un disque central, le MoDem est assurément composé d'extensions aux formes diverses qui vont dans toutes les directions.
- Les frontières du MoDem avec les autres partis me semblent globalement bien vues : PS à gauche, UMP à droite (ça c'était pas dur), souverainistes (Chevènement, Dupont-Aignan, ...) dans la direction étatiste. Par contre, aller mettre "gauche moderne" et le "nouveau centre" à la frontière libérale du MoDem, c'est n'importe quoi. Pour les différencier du MoDem, il aurait mieux fallu rajouter un 3ème axe "je vais à la soupe"....


Commentaires
je trouve cela très bien fait
Je pense aussi que le champ couvert par le MoDem (pour l'instant) est beaucoup plus étendu... un peu vers la gauche et surtout vers le haut. Lorsque ce fichu projet sera affiné on en saura un peu plus (par le contenu bien sûr, mais aussi par les départs & arrivées que cela suscitera...).
De toute manière, cette carte n'est pas correcte.
Il faudrait remplacer droite gauche par quelque chose de plus concret.
Et puis le libéralisme économique et les libertés individuelles ce n'est pas tout à fait la même chose. Le modem est plutôt pour augmenter les libertés individuelles au maximum, et les avis sur le libéralisme économique sont partagés.
De toute façon, quand on regarde bien, on voit que leur carte se résume à un axe droite gauche avec alternative libérale en haut
Je trouve aussi que la latéralisation du MoDem est fausse, car il penche un peu plus à gauche et, par ailleurs, il est vrai que cette conception strictement géométrique est problématique.
Donc Oaz, vous verriez le Modem placé plus haut ?
Vous qui avez le contact avec des militants du Modem, le mot libéral n'est-il pas un gros mot pour eux aussi ?
Osent-ils en parler de façon positive ?
Je vois que Vincent par exemple dissocie le libéralisme économique et les libertés individuelles ce qui est une hérésie pour nous libéraux.
Enfin, j'ai quand même voté pour votre Bayrou au premier tour de la présidentielle... comme 50% des militants d'AL environ
Il est vrai que les termes "gauche" et "droite" sont problématiques si on n'y rattache rien de concret. Pour ma part j'y associe les notions de "faire plus pour le social" contre "faire plus pour l'économie" mais c'est évidemment très schématique.
Pour ce qui est du positionnement plus "vers le haut", donc vers le libéralisme, je crois surtout que le MoDem a une forme plus allongée car de nombreuses sensibilités s'y cotoient et y-a-t-il vraiment un espace vide entre le MoDem et AL ?Avec une telle définition, je ne sais pas si le MoDem penche plus à gauche mais, bon, si la plupart des adhérents le ressentent de cette manière... De toutes façons, à une translation près, le positionnement sur cet axe est très relatif...
Pour ce qui est de la dichotomie libertés individuelles/libéralisme économique, je crois surtout que c'est la définition du libéralisme économique qui est à préciser. Pour moi la vrai question est : que met-on en place pour garantir cette liberté économique et tout particulièrement pour ne pas subir la loi des grosses sociétés monopolistiques.
Si on dit que le fonctionnement actuel des multinationales, avec toutes leurs dérives, est en accord avec la notion de libéralisme économique alors on a effectivement un problème pour intégrer cette notion dans le MoDem. Dans le cas contraire, je n'y vois aucun problème.
Je reprends ma réponse parue sur GL. Il me semble que nous sommes d'accord sur le but Oaz - pas de monopoles - mais pas sur l'analyse de la situation.
Notre analyse de libéraux nous fait dire que les multinationales ne sont pas le produit du libéralisme économique, bien au contraire elles sont (généralement) le produit de l'étatisme.
Le rôle libéral de l'Etat doit être de casser les monopoles, pas de les entretenir ou de les favoriser (fusion GDF Suez par ex.).
Toutes les grandes entreprises françaises sont liées au capitalisme d'Etat. Leur réussite et la taille qu'elles ont acquises proviennent de marchés d'Etat, de concessions d'Etat ou de capitaux d'Etat.
Dans tous les domaines, industrie, syndicats, enseignement, transports, protection sociale, l'Etat crée des monopoles.
C'est aussi l'Etat qui encourage les concentrations et les regroupements d'entreprises.
Nous pensons qu'en régime libéral, sans clientélisme sans corruption, sans patriotisme économique et avec une vraie concurrence, les sociétés privées auraient beaucoup de mal à établir un monopole durable.
Mais si elles y parvenaient, le rôle de l'Etat serait de le briser. Fermement.
L'Etat joue un rôle exactement contraire dans notre société.... et se plaint du "pouvoir" des multinationales qu'il a lui-même contribué à créer.
En ce qui me concerne, je n'ai pas d'opinion très ferme sur ces sujets là . Je me contente de questionner pour apprendre.
Je vais également reprendre la réponse que j'ai postée sur GL :Merci pour ces informations qui tranchent avec le discours que j'ai entendu jusqu'ici, autant de la part de ceux qui se réclament du libéralisme que de ceux qui le fustigent.
Ces réponses m'amènent à poser une autre question.
"Mais si elles y parvenaient, le rôle de l'Etat serait de le briser"
N'y a-t-il pas une contradiction entre le fait de vouloir un état moins intrusif dans le domaine économique et malgré tout, prévoir pour l'état un rôle régulateur au cas où un régime libéral accoucherait quand même d'une situation de monopole ?