C'est pour l'école qu'il faut des ronds...
Par Oaz, le 26 mai 2008, 18:17 - Sicap
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En France, le mois de mai est célèbre pour ses nombreux jours de congé et pour les diverses grèves ou manifestations qui, parfois, les accompagnent. Si j'ai toujours profité des premiers, je n'ai jamais réellement pris part aux secondes.
Les enjeux de cette année concernant les changements dans la façon dont le système éducatif est envisagé m'ont fait rejoindre le cortège de ceux qui font savoir leur mécontentement...
Il y a eu tout d'abord le 15 mai. L'école élémentaire était fermée. J'ai pris un jour de congé et j'en ai profité pour emmener Apolline voir la cause de cette fermeture. Si l'on excepte les lycéens toujours très enjoués, c'était plus un défilé qu'une "manifestation". Les lycées ouvraient le cortège, suivis par diverses sections syndicales de ceci ou de cela bien en rangs. CGT du conseil général, CGT des hopitaux, CGT de la poste, etc. S'il y avait quelques fanfares, il ne manquait que les majorettes.
Il y eut surtout le 24 mai. Enfin un rassemblement qui pouvait être familial et qui laissait tomber (un peu) les revendications corporatistes, notamment la question des retraites de la fonction publique, pour rassembler sur des préoccupations plus largement partagées concernant l'école.
Malheureusement, la multiplication des mouvements d'humeur diminue mécaniquement leur impact. La manifestation de samedi matin a été évoquée pendant une dizaine de secondes aux informations régionales. Sur le plan national, ce n'est guère mieux puisque c'est avant tout l'essouflement qui est mis en avant.
C'est le premier problème : la mobilisation dans la durée est difficile et un rassemblement isolé mais de grande ampleur est parfois source de meilleurs résultats.
Le deuxième problème, c'est la multiplicité des revendications. Entre la réforme des retraites, les questions de temps de travail ou la "défense du service public", les questions spécificiques au système éducatif ne sont finalement vécues que comme une revendication parmi d'autres. C'est pourtant la seule qui me semble en mesure de réunir un maximum de personnes derrière une même bannière.
Quand la défense de l'école est mixée avec des considérations sur l'argent que l'actuel gouvernement donnerait aux "patrons" au lieu de les donner aux salariés, je n'arrive pas à adhérer à 100% au mouvement collectif qui est en marche. "De l'argent il y en a ! Dans les caisses du patronat !" Quand j'entends ce slogan dans une manifestation destinée à préserver notre système éducatif, je reste le cul entre deux chaises.
La vision manichéenne patrons=riches=école privée contre salariés=pauvreté=école publique est affreusement simpliste. Les récentes lois fiscales ont surtout donné de l'argent aux personnes "aisées". Aisées financièrement, celles à qui profitent le "bouclier fiscal" et les mesures sur les droits de successions, ou aisées de par leur situation, celles qui profitent des heures supplémentaires.
C'est pour moi la concomitance de ces mesures avec la réduction du budget de l'éducation nationale qui est incompréhensible. La loi TEPA, c'est un cout pour la collectivité de 10 milliards d'euros en 2008 qui monteraient à 15 milliards en 2010. Le non-renouvellement du personnel de l'éducation nationale, lui, fait économiser 500 millions d'euros en 2008 pour arriver autour de 5 milliards en 2012 après le départ à la retraite des derniers baby-boomers.
C'est ce discours là qui me parait important et qui devrait mobiliser un grand nombre de personnes : quel est ce pays qui réduit l'investissement sur ses enfants et sur leur éducation pour distribuer ici ou là des subsides à l'efficacité économique largement contestée ?



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