Organiser un mouvement politique local comme une entreprise ?
Par Oaz, le 19 juillet 2008, 09:31 - Sicap
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Comme je l'annonçais il y a un mois, un groupe d'adhérents nommé "Modem Avenir 31" s'est constitué pour réfléchir à un projet pour le modem 31 et porter ce projet lors des élections internes de septembre prochain.
Dans le cadre de ces travaux, j'ai souhaité apporter une contribution concernant la structuration d'un mouvement départemental. Cela a pris la forme de la petite video d'une vingtaine de minutes ci-dessous. J'invite tous les adhérents du modem qui passeraient par ici à me donner leur avis et, pour ceux qui seraient en Haute-Garonne, je leur suggère de rejoindre les discussions de notre groupe en laissant leurs coordonnées dans le cadre ci-dessous je leur suggère de ne compter que sur eux-mêmes.



Commentaires
@Olivier,
Cette vidéo est en effet un très bon support de débat pour aboutir à une organisation efficace. J'irais même plus loin en listant ce qui a de plus malsain dans les entreprises qui faute de concurrence ruinent les citoyens ... n'est-ce pas une certaine forme de dictature en politique ? analogie, analogie ... quand tu nous prends !
Cette réflexion contribue bien à une vision autre dont le but est de répondre concrètement à des problématiques de terrain et plus général à la fois. Bravo encore Olivier !
Avec ton accord et celui de Modem Avenir 31 je peux le soumettre pour le blog du MoDem-Fronton.
a+
Franck
Bonjour Olivier,
Je ne sais si ton "analogie" est pertinente mais ce que je peux dire c'est qu'elle est aussi la mienne.
Peut-être est ce pour moi une évidence professionnelle?
En effet, j'ai été chef d'entreprise et conseiller en communication et marketing.
Je te félicite pour ce travail.
Comme tu l'as dit toit même, c'est une base de discussion mais elle est déjà bien élaborée.
Il serait intéressant en effet d'en faire un support de travail interne. Je me permettrais quelques premières remarques en commençant par le début:
- au lieu de "produit", il faudrait mettre à mon sens "services" .. dans l'analogie en question, il s'agirait plus d'une société de services que de produits :-)
- par ailleurs, les "produits" ou services" ne seraient pas selon moi "l'amélioration de la société". Là il s'agit d'un des objectifs de l'entreprise. En fait les services seraient notamment
* de veiller au respect des règles démocratiques dans la société à tous les niveaux et dans tous les domaines, des citoyens de notre pays, d'Europe et du monde , de l'écologie, de l'éthique, etc.,
* de dénoncer et critiquer toute entrave au respect des droits de l'homme, de la démocratie et de l'environnement
* défendre ceux qui en sont victimes
* d'innover en matière de démocratie et de développement durable (social, économie, écologie) et faire des propositions
* etc..
Il s'agit de décliner de manière exhaustive (autant que faire se peut) ce qu'on appelle l'offre de services
Pour finir, il ne s'agit pas des "investisseurs" d'après moi mais des associés parce que j'imagine bien cette société sous forme de scoop... un associé, une voix ;-)
Bon je m'arrête là .. J'ajouterais juste encore une dernière chose: ne pas confondre communication et marketing ;-)
Cordialement.
@Oaz
Je reste persuadée tout comme toi que l'analogie est non seulement possible mais souhaitable pour une meilleur fonctionnement. Mais, pour avoir suivi un long débat à ce sujet sur un fameux forum en passe de s'éteindre, j'ai cru comprendre qu'une majorité d'adhérents trouvait l'idée "choquante" voire "iconoclaste"...
@Franck,
Merci pour les encouragements.
Tu peux reprendre tout ce que tu veux sur mon blog pour le mettre sur celui du modem fronton. Comme il est précisé (en petits caractères) en bas de page, tout ce qui se trouve ici, sauf mention contraire, est disponible sous contrat Creative Commons "by-nc-sa". Tant que les légères conditions de ce contrat sont respectées, il n'y a aucun problème.
Pour ce qui est de la dictature des entreprises "parti politique", c'est vrai qu'il y a un manque flagrant de concurrence. Sauf peut-être au moment des soldes, quand on promet de raser gratis, mais les produits que l'on nous vend à ce moment là sont souvent de très mauvaise qualité.
@1cognita,
J'ai un peu de mal avec le terme "services" (peut être à cause dde mon passif professionnel que j'ai jusqu'alors bien mieux vécu en faisant des produits qu'en fournissant du "service" ?) Le terme produit peut quand même avoir une acceptation suffisamment large pour englober des "services", non ?
Je prend note de toutes tes porpositions quant à la déclinaison de l'offre.
Pour ce qui est de confondre comm et marketing, le problème c'est que je ne vois pas comment appeler la "direction marketing" en termes compréhensibles dans un contexte "parti politique". La comm en fait forcément partie mais ce n'est bien sûr pas que cela. Peut être faudrait-il parler de "vice présidence en charge de la stratégie" ?
@marie-laure,
Oui je sais que la comparaison avec une entreprise à de quoi choquer plus d'un. J'aurais tout aussi bien pu dire "voilà comment il serait intéressant de structurer les choses" en expliquant pourquoi ça serait bien mais sans jamais révéler que nombre d'entreprises sont structurées comme ça tout simplement parce que ça fonctionne pour beaucoup d'entre elles.
Je préfère jouer la transparence totale. Il faudra bien que ceux qui ne voient dans les entreprises que des envoyés du diable abordent les choses avec un peu plus d'objectivité. Et puis je me méfie aussi des "majorités" d'adhérents représentées par une poignée de personnes qui savent surtout se montrer et se faire entendre.
Olivier,
J'écris ce commentaire à chaud, à la fin de ton diaporama commenté en sans avoir lu encore les commentaires qu'il suscite.
D'abord, je tire mon chapeau devant cet effort (et ce risque) d'analyse et de compréhension.
À chaud disai-je... Désolé. L'analogie de l'engagement politique avec le monde de l'entreprise me hérisse le poil.
D'abord, je me demande s'il s'agit vraiment d'analogie comme tu le prétends.
Il me semble qu'il s'agit plutôt de calquer le jargon jargonnant du monde de l'entreprise sur celui de l'organisation interne du MoDem.
Je ne vois vraiment pas sur quel postulat ce décalcomanie se fonde et il me semble que ton diaporama n'apporte aucune réponse à cette question.
Au début, tu annonce comme un prolégomène que le but d'un parti politique, c'est de « créer de la valeur »... Tout cela n'est pour moi qu'un dispositif de communication, un jargon d'entreprise dont j'ai beaucoup de mal à saisir le bien-fondé.
En d'autres termes, pourrais-tu expliciter ce qui fonde l'analogie que tu prétends développer ?
PS : c'est un créateur d'entreprise qui te parle...
@PierreS,
Merci pour ta franchise !
Sur quoi se fonde l'analogie ? Je ne sais pas si j'ai bien compris la question mais la seule raison pour laquelle cette analogie m'est venue à l'esprit c'est que, d'une manière ou d'une autre, il faudra bien proposer une structuration pour un mouvement départemental afin que celui-ci atteigne les objectifs qu'il voudra bien se fixer.
A partir de là, pourquoi ne pas envisager de regarder ce qui se pratique dans d'autres structures rassemblant des êtres humains ?
Il ne m'en faut pas plus pour m'essayer à une analogie.
Comme je l'indiquais un peu plus haut (il faut lire les commentaires !) j'aurais très bien pu dire "voilà comment il serait intéressant de structurer le mouvement départemental" et ne faire aucune analogie. J'estime qu'il serait malhonnête de procéder ainsi et, en fin de compte, moins productif car n'ouvrant pas la porte à un débat de même niveau.
Maintenant, à mon tour de poser une question : qu'est-ce qui "hérisse le poil" ? le fait de faire une telle analogie ou la structure qui en découle ?
Si ce qui hérisse le poil, c'est la seule analogie avec un certain modèle d'entreprise, alors, comme je l'indique à la fin de la video, il est peut être temps de l'oublier : elle a permis de planter une structure. Maintenant le plus important c'est de voir en quoi elle correspond ou pas à ce dont on a besoin et comment l'améliorer.
Si ce qui hérisse le poil, c'est la proposition de structure avec 4 grandes fonctions (commissions, stratégie/communication, réseau et organisation) chacune dirigée par un vice-président, et tout ce qui suit, alors j'attends de ceux que cela ne satisfait pas qu'ils ne critiquent qu'en proposant eux-mêmes une meilleure alternative ! C'est la moindre des choses, non ?
Je passe sur les compliments afin d’épargner ton ego déjà très sollicité.
Je passe aussi sur la critique du jargon dont l’usage n’était pas utile à ta démonstration, et aboutira plutôt à mobiliser les adversaires de l’entreprise.
Et j’aborde le point qui m’intéresse énormément, celui de la gouvernance. Si tu appelles gouvernance le sujet traité dans cette vidéo, je ne comprends pas car je n’y vois que l’organisation, certes intéressante et nécessaire, mais simple support de ce que je croyais être la gouvernance, c'est-à-dire les règles appliquées par la direction d’une organisation dans le respect de certains principes.
En effet, en écoutant les adhérents, et en les lisant, on observe un mécontentement et une incompréhension sur le fonctionnement du Mouvement. On peut espérer que l’organisation départementale qui résultera des élections de septembre y mettra un terme, encore faudra-t-il veiller à ce qu’à l’efficacité visée, et probablement obtenue, en adoptant une formule inspirée de ta description, s’ajoute une réponse complète à la cause principale des insatisfactions actuelles, à savoir la démocratie à l’intérieur du Mouvement.
De ce point de vue, la comparaison avec l’entreprise n’est pas heureuse, car le seul reproche que l’on ne fait pas à l’entreprise c’est celui de ne pas être démocratique, or c’est précisément ce que veulent les adhérents : retrouver dans la vie interne du Mouvement les promesses de démocratie qui leur ont été faites (ou qu’ils ont cru entendre). Je crois donc indispensable que dans une proposition d’organisation soit ajouté un préalable et une conclusion expliquant et démontrant le contenu démocratique de toutes les décisions appliquées par le modèle d’organisation choisi.
A oaz
En ayant fait du marketing pendant 20 ans, je sais à quel point on peut diaboliser ce qui vient du Business ou Capital :-)
Qui dit diabolisation, dit angélisation. Et je puis vous assurer que des structures sociales n'ont parfois rien à envier en terme de perversité à certaines entreprises pourtant toute dévouées au business. De la même manière, j'ai rencontré des sociétés où régnait le respect en interne et où il s'agissait de jouer le jeu du marché en externe.
Ne nous laissons pas aller à un manichéisme primaire.
Il me plait souvent à dire que, si j'ai rallié le centre c'est justement pour rejoindre des hommes et des femmes dont il me semble que l’une des ambitions est de ne pas tomber dans cet automatisme dichotomique.
Le mot « produit » ne me dérange pas du tout car tout dépend du produit vendu (s'il répond à des règles d'éthique notamment) et de la manière dont celui-ci est vendu.
J'ai employé le mot "services" parce que si on se prête au jeu de l'analogie, il est important de choisir les illustrations les plus adéquates. En l’occurrence, ne s'agit il pas de proposer (pour l’instant) ce qu’on appelle de « l'immatériel » ? à savoir des compétences , un savoir faire, des idées, etc.. (comme un architecte, un designer, un informaticien, etc..)
A Alain Bertier
Je suis tout à fait d'accord avec toi pour ne pas faire un deni du pouvoir parce que c'est bien de cela dont il s'agit. Pouvoir vertical ou horizontal?
Pour moi c’est les deux. Ma proposition, pour rester toujours dans ce jeu de l'analogie en choisissant bien le cadre de ce que l'on souhaite, est celui de la SCOP (vous ne l'aviez peut être pas compris parce que je l'ai écrit "scoop" ;-))
Pour ceux qui ne connaîtraient pas:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Scop
A Pierre_s
Cher Pierre,
L'analogie s'arrête à l'organisation car l'entreprise a pour objectif et "culture" d'être efficace. En cela elle a des choses à nous apporter.Là où nous nous arrêterons (et il LE faudra) c'est dans son autre objectif qui est la rentabilité. Ce qui pervertit toute organisation est l'argent, le pouvoir et le sexe. Pour autant, nous ne pouvons nous passer ni de ce qui nous permet de vivre en société, ni de ce qui nous permet d'agir (le pouvoir de faire) , ni de .. :-)
Tout dépend de l'intention de ne pas dominer l'autre et donc de manipuler et d'exploiter.
D'où ma proposition de l'analogie avec la SCOP qui me semble pouvoir éviter au mieux certains dérapages et travers.
Amicalement.
Désolée pour la longueur du propos ;-)
@Alain Bertier,
Tu as raison : la qualité démocratique de la gouvernance est un point crucial. J'ai par ailleurs eu un retour sur cette présentation qui pose la question de l'efficacité de la régulation de la direction par le conseil départemental (= conseil d'administration). Si une entreprise n'est pas démocratique, c'est parce que, en général, des actionnaires ont plus de poids que d'autre. Ici on parle bien d'une entreprise dans laquelle tous les investisseurs sont à voix égale (merci à 1cognita, je ne connaissais pas les SCOP).
Pour aborder cette question, j'essaierais de faire la part des choses entre 2 aspects :
- Je crois que la direction locale du mouvement doi être forte et professionnelle, d'où l'analogie ici présente et l'assimilation des vice-présidents à des "directeurs". A mon avis, une sélection objective doit être basée sur les compétences correspondantes.
- Je crois que le conseil départemental doit être très vigilant par rapport à l'action de ces directeurs et leur demander d'être irréprochable.
Ce dernier point fait echo à un questionnaire dont j'ai parlé récemment. Si les membres du conseil départemental s'astreignent à répondre à ce questionnaire et exigent de leur présidence d'en faire de même, je suis sûr que la démocratie interne aura fait un grand pas.Le conseil départemental a le pouvoir de définir le règlement intérieur départemental. Il ne tient qu'à lui d'y inscrire le respect des engagements portés par le questionnaire (publicité des ambitions politiques personnelles, réseaux et associations + strict non cumul des mandats) sous peine de suspension ou d'exclusion !
Si cette condition est posée, je ne vois aucun problème à donner les rênes du mouvement départemental aux personnes compétentes qui s'engagent à la respecter.
Si le vocabulaire peut choquer, il a le mérite de présenter les choses selon un schéma connu.
Perso j'y vois quelques bonnes idées à utiliser.
(par contre, même si ça déplait, ben oui... les politiques se vendent, et il y a du marketing...
Ne faire appel qu'à l'intelligence des gens ne permet pas d'aller bien loin)