De deux choses l'une :

  • Soit N.Sarkozy savait que de tels évènements étaient probables et il n'aurait jamais dû proposer de raser gratis. D'autres ont eu des discours bien plus réalistes (suivez mon regard).
  • Soit il ne savait pas qu'un tel choc pouvait survenir et là il faut sérieusement se poser la question de son incompétence (et de celle de son entourage).

Bien sûr, il est toujours difficile de prévoir les évènements du futur avec des dates précises mais, bien avant l'été 2007 où a éclaté la "crise des subprimes", on savait que quelque chose ne tournait pas rond avec ces taux de crédit qui restaient vraiment bas et les endettements qui ne cessaient d'augmenter.

J'ai trouvé un texte de Malcom Wright datant de février 2007. Ce monsieur n'est pas n'importe qui : il est directeur général de la BRI, un organisme international qui assure la coordination entre les banques centrales.
A la lumière de tout ce que l'on raconte aujourd'hui, je trouve ce texte vraiment épatant. Tout y est : la multiplication des intervenants sur les marchés financiers, la multiplication des instruments sur ces mêmes marchés, la complexité, voire l'opacité, d'information qui en découle et les risques induits par tout cela.

Et il ne faut pas louper la conclusion :

Il ne fait aucun doute que le système financier est aujourd'hui plus résistant que ce qu'il fut dans le passé. Mais, en même temps sa capacité à absorber les récentes inquiétudes financières et les récents désordres bénins dans les marchés financiers ne devraient pas nous induire en erreur dans un faux sentiment de sécurité. En fait, il existe une certaine tension entre les risques potentiels auxquels l'économie mondiale doit faire face - comme le poids élevé des niveaux d'endettement des ménages, l'augmentation des prix de l'immobilier et les déséquilibres globaux des comptes - et le faible niveau de risque suggéré par les écarts de taux et les mesures de volatilité implicite. Le gros impact de ce que j'ai appelé le schéma de revenus "similaire à une option" dans le système financier est une préoccupation qui justifie une vigilance continue.

Permettez-moi de souligner que mes remarques de ce matin sont de nature exploratoire : elles sont destinées à soulever des questions plutôt que d'apporter des réponses. Seul l'avenir nous dira ce qu'il en est. Même si, en tant que décideur prudent, je ne peux pas m'empêcher de noter que les risques les plus insidieux pourraient se poser au moment même où les participants au marché commencent à croire que le risque, comme le cycle économique lui-même, a finalement disparu du monde économique et financier.

Alors, quelle a été la prudence de notre président qui ne pouvait ignorer cette situation ?