Touche pas à ma plaque !
Par Oaz » 24 octobre 2008, 08:34 - Sicap
KaG s'inquiète des dépenses de son conseil général pour permettre aux citoyens électeurs de l'Aveyron de conserver leur numéro favori sur leurs plaques minéralogiques.
Ici, en Haute-Garonne, la dépense a déjà commencé depuis quelques temps et elle ne porte (pour l'instant) que sur de la communication intempestive : un autocollant "31 - Mon département depuis 1790" affligé par un logo du conseil général.

Qu'est ce qui motive de telles actions ? Surf sur la vague des instincts les plus conservateurs de l'électorat ? Peur, pour quelques barons locaux, ici ou ailleurs, de cette nouvelle étape qui nous projette inéluctablement vers la fin des départements ?
Tout ça est d'autant plus débile que l'identité de la plupart d'entre eux ne repose que sur la capacité d'un cheval à courir pendant une journée.
Pour en revenir à notre conseil général haut-garonnais, s'il avait voulu oeuvrer à maintenir une identité un peu plus concrète, il aurait pu proposer cet autocollant là :

Commentaires
Moi je suis pour garder le département, c'est quand même une identité perso j'ai déménager pour vivre sur Toulouse alors j'y tiens quand même un peu. C'est vrai par contre que je n'aurais pas été contre le payer, j'ai même été étonné qu'il soit gratuit. Bref...Pour info on est quand même 64 % a être contre et ils le font quand même ! moi, c'est ça qui m'inquiète le plus et non les dépenses en auto-collant.
Cher monsieur,
Je crois que votre analyse est en partie fausse. En effet, le problème n'est pas de savoir si les "barons locaux" vont conserver leur place, mais si le Conseil Général de la Haute-Garonne pourra continuer à aider les communes pour financer leurs projets, car de nombreux équipements publics dans le 31 ne peuvent voir le jour que grâce aux subventions du Département. Il semble que le projet du gouvernement soit de supprimer cette compétence générale du Conseil Général.
Demandez donc aux Maires s'ils sont contents de ne plus recevoir d'aide pour construire des crèches, des écoles, des stades, des piscines...
@Gardarem
Même si je rejoins en partie ce que vous dites et anticipe que la fin des départements soit lié avant tout à un projet "d'économie", il ne vaut pas amalgamer les limites territoriales et les subventions (qui, elles, pourront - ou pourraient - toujours emprunter d'autres voies, y compris la voie régionale).
@Christophe,
Je comprends l'argument "on est 64% à être contre" mais cette réponse est obtenue parce que l'on a posé la mauvaise question.
La bonne question, c'est "combien êtes vous prêt à payer pour conserver un conseil général dont les services pourraient être rendus à moindre coût par le conseil régional ?"
Le numéro sur les plaques de voitures, je n'en ai rien à faire. Ce qui m'importe c'est que la gabégie de structures administratives cesse enfin et il faut commencer par le département, avant de s'attaquer, à plus long terme, aux communes. On n'a pas besoin d'un mille-feuilles administratif. Région et "grosses" communes (l'équivalent de nombre de communauté de communes actuelles) me semble optimal.
@Gardarem lo 31,
Le problème du financement présenté sous la forme "sans le département il n'y aura plus d'argent pour les communes" est une escroquerie pour les citoyens. L'argent des communes et des départements, c'est nos impots. Même avec la suppression des départements, il faut garder le même taux d'imposition. Il n'y a donc aucune raison pour que les choses aillent plus mal. Au contraire, devrais-je dire. Pour 2 raisons :
- la suppression d'un échelon administratif se traduira par des économies d'échelle donc, à taux d'imposition constant, plus d'argent pour des projets ayant un vrai intérêt pour les citoyens.
- avec la suppression des conseillers généraux, on supprime le cumul "maire-conseiller général" et le phénomène de vassalité qui en découle. On ne peut qu'espérer une meilleure allocation des budgets.
@Marie-Laure,Tu as raison, le vrai risque est de supprimer les départements pour "alléger la pression fiscale" comme ils les disent si bien. Il ne faut pas tout mélanger et ceux qui se sentent concernés par nos services publics seraient bien avisés de ne pas se tromper de combat.
Je crois que vous n'avez pas compris les intentions du gouvernement. La fusion Région/Département se traduira par:
Les Conseillers Régionaux et et les Conseillers Généraux sont élus sur une même liste.
Les Conseillers Régionaux votent le budget et lèvent les impôts.
Les Conseillers Généraux reçoivent une partie des fonds et sont chargés de le dépenser (bonjour le clientélisme !)
L'état transfère à la super Région toute la compétence en matière de social (RSA, dépendance, santé, handicap...) qui va coûter de plus en plus cher !
L'état supprime la compétence générale à la super Région qui lui permet d'intervenir dans tous les domaines, donc de subventionner des projets, (à titre d'exemple la gratuité des transports scolaires n'est pas une compétence obligatoire du Conseil Général, mais est possible grâce à la compétence générale). On n'imagine facilement, qu'avec un taux d'imposition constant, la super Région qui devra s'occuper du social, des transports, des collèges, des lycées... sera contrainte d'abandonner des missions qui existent aujourd'hui.
Les subventions seront versées par des organismes (fondation) qui bien sûr verront leur budget diminuer chaque année.
Ce projet a en fait pour but :
1 de transférer toute la dette sociale sur les collectivités locales
2 Un contrôle "politique" par l'état sur le versement des subventions (Retour au jacobinisme)
3 La baisse du taux d'imposition (notamment avec la suppression de la taxe professionnelle)
Je vous signale que cette réforme va s'inspirer d'un rapport de la Fondation Concorde intitulé : "Démocratie, gouvernance et réduction de la dépense publique dans les territoires" qui prévoit entre autres joyeusetés la suppression de 24 000 communes en France, la réduction de 75% de la taxe professionnelle, la remise en cause des missions des collectivités locales, la création de fondations qui seront chargées de distribuer les subventions, je cite : "Des fondations territoriales « distributrices », sur le modèle « Grant-giving foundation » anglo-saxonne, exerçant une activité d’intermédiaire philanthropique", la mise en concurrence des territoires (le libéralisme est encore vivant !) enfin le meilleur pour la fin je cite : "Ainsi les suppressions d’emplois (ndlr : dans les Collectivités Locales) pourront être largement compensées par les besoins futurs des entreprises", "Les sous-préfectures doivent être vendues et seront localement remplacées par des boutiques en centre ville qui délivreront les pièces officielles en s'autofinançant." sic !
A au fait voici un extrait d'un article du Monde : "Certains élus estiment qu'il conviendrait de supprimer la "cause générale de compétence générale" qui permet à toutes les collectivités d'intervenir dans tous les secteurs. Celle-ci serait réservée à l'Etat et aux communes. Les autres collectivités seraient spécialisées.
@Gardarem lo 31,
C'est pas parce que mon blog s'intitule Barrejadis qu'il faut obligatoirement mélanger tout et n'importe quoi dans le même billet.
On est d'accord sur nombre de mauvaises pistes dans les intentions de l'actuel gouvernement - encore faut-il les voir se matérialiser.
Mais en l'occurrence, pour l'instant, on ne parle que du principe de suppression de l'échelon département.
Crier au loup en prédisant tous les maux de la terre si on supprime les départements, c'est, je le répète, malhonnête. Ca me rappelle l'attitude habituelle de la gauche de la gauche qui promet toujours mille misères suite à toute décision gouvernementale (quel que soit le bord du gouvernement en question) dans le seul but de consolider son fonds de commerce ultra-conservateur.
Mais oui vous avez raison OAZ, Crier au loup en prédisant tous les maux de la terre si on supprime le dimanche non-travaillé,c'est, je le répète, malhonnête. Ca me rappelle l'attitude habituelle de la gauche de la gauche qui promet toujours mille misères suite à toute décision gouvernementale, dans le seul but de consolider son fonds de commerce ultra-conservateur.
Mince j'avais loupé ce billet.
En attendant, on est "banané".
Nous garderons le département sur nos plaques.
Pouvant choisir sa plaque, il n'est pas impossible que je décide de porter le N° de Mayotte, histoire de détonner un peu :))
C'est du grand n'importe quoi électoraliste.
Quant à la réforme annoncée qui pourrait entrainer la fusion des Conseils Généraux et Régionaux, on pourrait peut être attendre le texte final avec les périmètres d'intervention.
@KaG,
Je me demande comment cela va être mis en oeuvre.
Déjà, n'y a-t-il pas besoin d'une loi pour imposer la présence d'un numéro de département ?
Après, les "forces de l'ordre" prendont-elles l'initiative de verbaliser pour "absence de numéro de département" ?
En tout cas, s'il n'est pas possible d'acheter une plaque d'immatriculation sans No de département, il restera toujours la bombe de peinture...