Quand réguler rime avec reculer
Par Olivier Azeau, le 16 novembre 2008, 23:57 - Sicap
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Il y a des jours où l'on exprime certaines idées et où le plus grand des hasards nous conforte dans nos positions parce que d'autres personnes arrivent à exprimer et à expliquer tout ce que l'on voudrait voir dit et bien mieux que l'on ne saurait le faire.
C'est ce qui m'est arrivé ce soir en répondant à mon courrier en retard et en parcourant les billets coincés depuis quelques jours dans mon agrégateur.
Discutant avec quelques collègues du Modem sur la nécessité de régulation des marchés financiers, une idée qui semble s'être peu à peu installée dans les esprits, j'écrivais :
Le désir bien naturel de chacun d'avoir un toit pour sa famille est certes à la merci du système financier de part la nécessité d'obtenir des crédits pour des sommes toujours plus élevées mais, si on y regarde de plus près, les sommes hallucinantes que nécessitent l'acquisition de quelques mètres carrés de terre sont principalement dues à la centralisation des pouvoirs.
La centralisation des pouvoirs qui, à travers des "plans d'urbanisme" décide de la valeur de chaque mètre carré de terre.
La centralisation des pouvoirs qui en investissant l'argent public, donc "notre" argent, décide de financer telle ou telle infrastructure qui pousse inéluctablement les gens à chercher des logements à proximité de ces infrastructures.
La centralisation des pouvoirs qui décide des niches fiscales qui déstabilisent le marché immobilier
Pour moi, c'est définitivement ce pouvoir donné aux mains de quelques uns qui induit une grande part de nos maux...
Alors quand on m'explique que c'est par plus de régulation que l'on va améliorer les choses, je doute fortement...
Et puis à l'instant je tombe, chez buildfreedom, sur cette vidéo épatante :
Crise du capitalisme ou de l'interventionnisme
Il n'y a rien à rajouter. Ce document provient du site www.unmondelibre.org que je m'empresse de rajouter à mes lectures.


Commentaires
"Il y a des jours où l'on exprime certaines idées et où le plus grand des hasards nous conforte dans nos positions parce que d'autres personnes arrivent à exprimer et à expliquer tout ce que l'on voudrait voir dit et bien mieux que l'on ne saurait le faire."
Oui c'est saisissant, cela m'est d'ailleurs souvent arrivé avec vos écrits (ici et ailleurs).
Pour le reste, il faudra d'abord que je regarde la vidéo...
Ceci dit je ne suis pas certain que la centralisation soit forcément en cause dans les maux que vous évoquez : on peut par exemple imaginer que certains n'aient pas lieu même avec un pouvoir centralisé (eg niches fiscales), ou que d'autres persisteraient même sans (eg prix du logement et attractivité de certaines zones d'habitation)...
Que ce soit l'état ou le marché qui soit le plus en cause n'est pas vraiment le problème.
Le problème est que les responsables politiques ont pris l'habitude de s'occuper de leur concitoyens en ne s'occupant que de l'aspect financier : basse des taux, injection de capitaux, emprunts d'état, garanties aux banques, etc...
La crise que nous traversons n'est pas une crise du capitalisme ou du socialisme : c'est une crise de confiance.
Pouvons-nous continuer à sur-exploiter la planète et accentuer les clivages?
Ce sont les hommes qui créent le dynamisme écomique lorsqu'ils ont confiance en l'avenir.
Aujourd'hui et tant que la confiance en l'avenir sera absente, quel que soit le système en place, quels que soient les milliards injectés dans l'économie, il n'y aura pas de retour de la croissance
On peut tout imaginer, c'est vrai. Dans un monde plus "simple" il est fort probable que certaines décisions centrales auraient un impact prévisible. Aujourd'hui je suis convaincu que cela ne peut plus être le cas. Alors le gouvernement capable de définir des règles fiscales complexes et efficaces...
Sur l'argument inverse, il y a effectivement débat. Est-ce qu'un monde avec moins de règles décidées centralement ne tomberait pas dans les mêmes travers d'urbanisme ? Je pense que c'est avant tout une question de technologies disponibles. Si un moyen de transport tel que les trains que l'on connait aujourd'hui avait existé dès le moyen age, est-ce que l'urbanisme aurait évolué de la même manière ? (ça pourrait être une idée pour une uchronie).
@guigrou,
oui, bien sûr, la confiance est essentielle pour toute sortie de crise mais là le sujet c'est plutôt "comment minimiser les effets néfastes de la prochaine crise ?"
"Alors le gouvernement capable de définir des règles fiscales complexes et efficaces..."
J'espère que vous gardez tout de même espoir dans le programme du MoDem à ce sujet ;-)
"Je pense que c'est avant tout une question de technologies disponibles."
Ne sous-estimez pas de nombreuses autres variables : climat, paysages, eau(x), ...
(pardon pour la segmentation en 2 commentaires)
@oaz
Si le sujet est : comment minimiser les effets néfastes de la prochaine crise? alors la vidéo qui accompagne ton billet est hors sujet.
Elle semble plutôt défendre une vision libérale de l'économie face à une vision interventioniste.
Je continue à croire que toute la "gesticulation" des gouvernements et autres banques centrales ne fait qu'augmenter la crise, tant ils paraissent démunis face à la crise de confiance des consommateurs.
Pour sortir de cette crise, il faut jouer sur le facteur humain mais ils ne jouent que sur le facteur financier (taux, crédits, liquidités, etc): ils nous font peur avec tellement de maladresse!
Du coup la crise s'accentue.
Dépêchez-vous, j'offre une bouteille de Gaillac nouveau au 100ème signataire de ma pétition !