Il est des domaines dans lesquels notre société (du moins en ai-je l'impression) vit sur des schémas figés qui privent les gens de libertés élémentaires, ou, pire, sur une conception de la puissance publique qui introduit des déséquilibres au profit de minorités.

Je pense aux règles sur l'aménagement du territoire où les décisions des uns et des autres n'ont eu pour conséquence, d'aussi loin que je m'en souvienne, que des distorsions d'un marché de l'immobilier, l'un des fléaux majeurs actuels. Un conseil de lecture : "Objectif Liberté", le blog de Vincent Bénard.

Je pense aux empilements plus stupides les uns que les autres de lois sur la "propriété" intellectuelle (qui mérite bien des guillemets tant le terme "propriété" n'a jamais été aussi mal choisi) qui ont pour seul résultat de sérieuses entraves à l'innovation. Un autre conseil de lecture : "Du bon usage de la piraterie", le livre de Florent Latrive.

Je pense enfin à la toute puissance des éxécutifs, locaux ou nationaux, qui donne un pouvoir démesuré à une poignée d'individus, fussent-ils simples maires ou présidents de la république.

Je ne sais pas si on peut parler de libéralisme mais, moi, c'est comme ça que je le comprends. Il faut en finir avec les chasses gardées de la noblesse du XXIème siècle qui possède avant tout le droit d'empêcher les autres d'être libres : le droit d'empêcher quelqu'un de construire un batiment sur un terrain qui lui appartient, le droit d'empêcher quelqu'un d'utiliser une idée qu'il a eue ou simplement lue, le droit de se comporter en seigneur ou en suzerain quand on n'est que chargé d'une mission par ses concitoyens, ...

A l'opposé, j'estime qu'il est des domaines, même s'ils sont peu nombreux, où l'action publique est essentielle et où le "marché" et le "libre-arbitre" doivent être bannis. Celui qui m'apparait comme le plus important est l'éducation.

Avoir des gens libres, c'est bien mais sans éducation, c'est comme s'ils étaient sans justice ou sans police : il leur est impossible d'acquérir et d'exercer cette liberté. C'est pour cela que je considère les enseignements fondamentaux, lire, écrire, compter et quelques autres trucs (à la louche, la moitié des programmes du système éducatif français pour tout enfant de 2 à 14 ans) au même niveau que le droit à disposer de son corps ou le droit à la propriété privée.

Tout ça pour dire que cette question du libéralisme n'est pas si simple et que chacun y voit ce qu'il veut bien y voir. J'ai volontairement omis de parler de domaines où l'on désigne bien souvent le "libéralisme" comme le grand méchant loup. J'ai l'impression que les questions du libéralisme dans l'économie, l'emploi, la finance, etc. ne sont en fait que des conséquences de choix plus basiques.

Puisqu'on est dans un billet de "chaine", je renvoie la balle à mes récents taggeurs : KaG et LCDM. Et pour faire bonne mesure, je rajoute un vice-président du modem 31 si jamais il passe par ici.