L'amendement en question porte, entre autres, sur la possibilité de faire travailler un employé de chez lui pendant un arrêt maladie. Bien... En général, quand on est en arrêt maladie, c'est qu'on ne peut pas travailler. Mais admettons qu'un arrêt maladie qui empêche un salarié de se déplacer jusqu'à son lieu de travail ne l'empêche pas pour autant de travailler : il pourrait éventuellement le faire depuis son domicile. Je passerai sur tous les problèmes soulevés par cette proposition. Il y a eu suffisamment de monde pour le dénoncer.

Curieusement, quand j'ai lu pour la première fois cette proposition de F.Lefebvre, j'ai pensé à tout autre chose : si on considère qu'un employé malade pourrait travailler de chez lui en conservant son salaire, à plus forte raison ce même employé pourrait en faire autant même s'il n'est pas malade. A partir de là, il devient impossible de justifier l'impérieuse nécessité pour un employé de se trouver à un endroit X choisi par son employeur quand il pourrait faire le même travail depuis un endroit Y choisi par lui-même.

Et ça c'est quand même une idée révolutionnaire : finis les trajets domicile-travail, finies les heures de pointe qui mobilisent tant de de rames de métro, finis les bouchons automobiles et leur rejet de CO2, finies les infrastructures routières dimensionnées pour 4 heures de gros traffic par jour. Pourquoi les chantres du développement durable ne se sont-ils pas emparés du sujet ?
Et ce n'est pas tout. Les français passent en moyenne 1 heure par jour pour aller à leur travail et en revenir. Quel serait l'impact sur leur santé s'ils économisaient ce temps pour se reposer, faire du sport ou toute autre activité de leur choix ? Quel serait l'impact de cette évolution sur les arrêts maladie ?

Je sais bien que la majorité des français ne raisonnent qu'en termes d'acquis sociaux et de casse du code du travail.
Il n'empêche que je ne suis pas sûr de perdre au change si je troque le devoir de travailler, même lorsque quelques ennuis de santé m'immobilisent ou m'empêchent d'être à 100% de mes capacités, contre le droit de choisir mon lieu de travail quotidien en fonction de ce que j'estime personnellement être le mieux pour que ce travail soit fait...

Je regrette que ce débat là soit occulté pour des raisons qui tiennent parfois plus de la morale que de la prise en compte des possibilités qu'offre le XXIème siècle pour améliorer l'efficacité de l'entreprise et le bien être de ses employés.