Dans l'absolu, je n'ai rien contre les ajustements du nombre de classes par rapport à la taille de la population. Un nombre maximal et un nombre minimal d'élèves étant fixés, il est tout à fait normal de ré-affecter les ressources aux endroits où il y en a le plus besoin pour garantir une certaine égalité de traitement sur tout le territoire.

Ceci étant dit, le problème est dans la manière de faire les choses.
Si l'on en croit ce document du ministère de l'éducation nationale "Qui décide d'ouvrir ou de fermer des classes ?", le processus de réajustement débute dès le mois d'octobre de l'année précédente et se poursuit pendant toute l'année scolaire.

  • En février, une première décision est prise par l'inspecteur d'académie après avis de divers comités et du CDEN[1]
  • En juin, ayant pris connaissance des inscriptions pour l'année suivante, une deuxième série de mesure permet un ajustement plus fin.

A partir de là, on pourrait croire que l'affaire est entendue. Perdu !
En septembre, les derniers ajustements sont effectués au regard des effectifs constatés au jour de la rentrée. Un dernier CTPD est réuni ainsi qu'une CAPD pour l'affectation des personnels.
Je veux bien admettre qu'un changement doive rester possible dans le cas où un évènement majeur viendrait modifier substantiellement la démographie locale. Dans le cas contraire, il ne peut s'agir que de l'incompétence des décideurs qui n'ont pas été capables de faire leurs comptes et qui devraient en assumer toutes les conséquences sans le faire payer aux élèves.

Pour en revenir à Roques sur Garonne, tout le monde savait qu'une classe était sur la sellette mais, au mois de juin dernier, celle-ci avait été reconduite. La rentrée a donc eu lieu avec le nombre de classes prévu mais l'inspection d'académie vient de revenir sur sa décision et la mesure a semble-t-il été validée par le CTPD[2]. Il resterait, jeudi, le CDEN pour éventuellement donner un avis contraire et, peut-être, sauver la classe pour l'année scolaire en cours.
Car c'est bien cela le plus choquant : faire débuter l'année aux élèves avec toute la préparation que demande une rentrée scolaire et, dix jours plus tard, semer la zizanie pour pallier aux carences d'une administration défaillante.

Je ne sais pas quelles classes seraient impactées mais, étant donné que tous nos niveaux ont deux classes exceptés les CP/CE1 qui ont une classe "double niveau" en plus, je fais le pari que c'est celle-ci qui risque de subir les conséquences de cette affaire.
Le cas échéant, je suggèrerais à l'inspecteur d'académie de venir lundi prochain expliquer en personne aux élèves concernés pourquoi il supprime leur classe une semaine après la rentrée.

En attendant, puisque rien n'est encore définitif, voyons ce qu'il est possible de faire...

Notes

[1] Conseil Départemental de l'Éducation Nationale

[2] Comité technique paritaire départemental