Petit voyage au pays des remboursements de dépenses de santé
Par Oaz, le 8 novembre 2009, 00:37 - Sicap
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Je sors un peu de mon silence pour parler -encore une fois- des banales péripéties de la vie quotidienne.
Ma fille ainée (8 ans) est myope. Cela a été détecté il y a un an et ses examens semestriels montrent une progression régulière de sa myopie qui l'oblige a changer de lunettes après chaque examen. Rien d'exceptionnel à cela.
Ce qui l'est un peu plus, ce sont des parents qui font confiance à l'action combinée du système de santé de leur pays et de leur complémentaire maladie et qui tombent des nues lorsqu'ils apprennent que la prochaine paire de lunettes ne sera pas remboursée. Rien. Zéro. Que dalle.
La sécu française ne rembourse que très faiblement les besoins en verres correcteurs mais elle se permet en plus d'édicter des règles que personne n'aurait pu inventer : quand la vue évolue, on a droit au remboursement d'une nouvelle paire de lunettes. Sauf si on a entre 6 et 18 ans.
Oui, c'est comme ça. Avant 6 ans, on a droit a autant de paires de lunettes que nécessaire lorsque la vue évolue. Après 18 ans, idem. Entre les deux, on peut aller se faire voir. Comme par hasard, c'est dans cette période où le besoin est le plus criant que l'on n'a droit qu'à une seule paire de verres par an. Et quand, en l'occurrence, la vue a fortement baissé en 6 mois, on ne peut rien y faire.
Si la sécu est défaillante, allons voir notre mutuelle. Celle-ci nous fournit des prestations qui me semblent plutôt confortables (à la mesure de leurs tarifs, pourrait-on dire) : le remboursement des verres aux frais réels + la monture à hauteur de 170 euros. Mais il y a une condition : ces prestations ne s'appliquent que lorsque la sécu rembourse sa part de la paire de lunettes. Dans le cas contraire, il n'y a rien...
J'ai eu au bout du fil une aimable personne à qui je n'ai pas manqué de faire remarquer que nous avions été très raisonnables pour les paires précédentes (montures à 50€, aucune option de grand confort sur les verres) mais les arguments n'ont pas eu l'air d'avoir le moindre effet. Mon interlocutrice m'a même dit qu'elle comprenanit tout à fait ma position lorsque j'ai signalé que leur facture risquait d'être autrement plus salée la prochaine fois.
En dernier recours, mon épouse a appelé l'opticien pour savoir ce qui était envisageable. Et là, coup de théatre : on nous a proposé de mettre gratuitement de nouveaux verres correcteurs sur la monture actuelle.
Je ne sais pas encore quelles conclusions tirer de cet épisode. Il est probable que les opticiens peuvent se permettre certains gestes commerciaux parce que les mutuelles, à travers leurs taux de remboursement, leurs garantissent, par ailleurs, un certain revenu.
Mais la prochaine fois que quelqu'un me dira qu'un système de santé ne devrait pas faire autant de place au secteur privé, je réfléchirai un peu plus avant d'acquiescer.


Commentaires
Sauf qu'en l'occurrence, le privé (les mutuelles) est aussi défaillant que le public. C'est une évidente aberration, que ce non remboursement. Il est possible qu'il soit le fruit d'un lobbying des mutuelles sur la Sécu.
Surtout que, ironie du sort ou effet volontaire, il s'agit de l'age scolaire ... et on sait combien une bonne vue est importante pour permettre à l'enfant, puis à l'adolescent, pour ne pas être handicapé à l'école ... avec tous ce qui s'en suit dans un pays rigide tel la France
Et hop, un billet de plus à lier dans celui que j'ai commencé sur l'absurdité et l'injustice du système de santé...
@Hervé,
En l'occurrence, le "privé" c'est aussi ce commerçant qui ne me devait absolument rien et qui a fait un geste là où la sécu et la mutuelle n'ont rien voulu savoir alors que je dois les payer toutes les deux tous les mois sans aucun autre choix possible.
@ OAz
C'est juste, je crois que la question est plus d'échelle que de nature.
As-tu lu le livre que Quitterie conseille, justement sur les questions d'amélioration de l'économie et de la conso ?
http://lesjeuneslibres.hautetfort.c...