La chaîne du redoublement
Par Oaz, le 9 novembre 2009, 13:53 - Sicap
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J'ai quelques chaines de retard. Je vais commencer par la plus récente. Celle de Mathieu L. qui, suite à une annonce du président de la république "le redoublement doit devenir l'exception", s'interroge sur la question du redoublement dans le système éducatif français.
J'ai un a priori plutôt négatif sur le redoublement (ou le "maintien" d'un élève selon le vocabulaire politiquement correct en vigueur dans l'ednat). En juillet dernier, je parlais de cette élève qui a eu la bonne idée de quitter le système public pour éviter un redoublement contre-productif.
Cela ne signifie pas pour autant que le principe du redoublement doit être simplement éradiqué que ce soit pour des raisons égalitaristes ou pour des raisons budgétaires.
Pour ce qui est de l'enseignement primaire, il a été montré que tout se joue avant le CP. Donc redoubler au primaire ne sert à rien. C'est sur l'école maternelle qu'il faut faire porter l'effort pour permettre aux élèves de suivre par la suite. Mais c'est un autre débat...
Sur l'enseignement secondaire, je n'ai pas vraiment de réflexion supplémentaire par rapport à ce que j'écrivais en juin suite aux annonces sur la réforme des lycées. C'est la façon d'envisager la progression des élèves dans le système qui est à revoir en profondeur, tout particulièrement en ce qui concerne la notion de "classe".
Si je devais résumer en quelques lignes les objectifs qui me semblent souhaitables, je dirais que le système doit être organisé pour respecter les droits suivants :
Tout élève a droit à l'enseignement de son choix en ce qui concerne les matières étudiées parmi celles proposées par le système et ce, sans contrainte d'orientation imposée par le système en question. Pour les élèves mineurs, le choix est soumis à l'approbation des parents.
Tout enseignant a droit à faire cours à un ensemble d'élèves capables de suivre l'enseignement proposé, cette capacité ayant été vérifiée par la présence de certains pré-requis obtenus dans un cours précédent.
Sur ces bonnes paroles, je passe le flambeau (s'ils le veulent bien) à des éternels étudiants (comprendre : ayant largement dépassé le stade du bac+5) : Florent (s'il a encore le temps de bloguer), le crapaud du marais (si le sujet l'intéresse), Florian (qui a récemment ouvert un blog) et, bien évidemment, Claudio (qui cherche des sujets d'articles).


Commentaires
C'est une très bonne chaîne en fin de compte, simple mais qui vise juste, là (entre autres) ou le système perd le nord. Je prendrai un grand plaisir à méditer dessus.
Salut Olivier,
Je ne pense pas autrement que toi : on est sur la même longueur d'ondes.
Donc, tu es pour un enseignement complètement par libre-choix ? Comment gérer techniquement un tel système ? Comment empêcher la sélection par les options ?
@Florian,
J'ai vu que tu avais répondu mais je n'ai pas encore eu le temps de lire.
@l'hérétique,
Ah... Alors je vais encore rester un peu au Modem :-)
@Mathieu L.,
Oui, je suis pour une approche assez libérale. Que le système éducatif soit public, c'est une chose mais ça ne signifie pas pour autant -à mon avis- que l'état doive tout décider...
Sur la mise en oeuvre technique, ce n'est pas forcément simple, c'est sûr. Surtout à budget constant.
J'avais évoqué un système de niveaux par matières et la suppression de la structure par classes. Je crois fermement que l'enseignement "à la carte" est le meilleur avenir possible, pour peu que cela soit conjugué avec un certain objectif d'excellence à tous les niveaux (c'est à dire que tout le monde ne peut pas prendre n'importe quoi). Une telle approche nécessite d'offrir plus de créneaux pour les divers cours et cela a un impact direct sur le nombre d'heures d'enseignement dispensées. Mais il y a des solutions pour aller dans cette direction sans trop toucher au budget, par exemple en organisant une matière avec des cours réunissant un grand nombre d'élèves (équivalent à 2 ou 3 "classes") sur des créneaux fixes + des cours en plus petit nombre proposés à des horaires multiples.
Sur la sélection par les options, je ne suis pas sûr de bien comprendre.
La sélection, il y en toujours eu et il y en aura toujours. Seuls les critères évoluent. Certains élèves arrivent à atteindre un meilleur niveau que d'autres dans certaines matières. Qui est-ce que ça dérange que cela soit su et reconnu ? Ne confondons pas égalité de moyens et égalité de résultats.
S'il y a quelque chose de choquant, c'est l'impossibilité d'accéder à une matière (typiquement certaines options recherchées: MPI, ...) ou un dispositif (les classes "européennes" par exemple). Tous les élèves devraient avoir le droit d'accéder au moins au 1er échelon (sur 1 semestre par exemple). Ensuite, la réussite pour passer aux échelons suivants ne dépend que de l'élève.
Je prends note du tag, mais je risque de ne pas pouvoir le traiter rapidement (surtout si je veux consulter tous vos liens). Idéalement je suis favorable à des systèmes personnalisés, mais je reste très sceptique quant au passage à la pratique (même sans contrainte budgétaire)...
Voilà, pas très folichon mais c'est ça
http://skeptikos.dremm.net/2009/11/...