Société
Divers billets d'opinion sur les sujets de société qui m'intéressent : l'éducation, les institutions, la propriété intellectuelle...
Divers billets d'opinion sur les sujets de société qui m'intéressent : l'éducation, les institutions, la propriété intellectuelle...
15 décembre 2009
Par Oaz, le 15 décembre 2009, 00:06 - Sicap
Pas trop la tête à écrire en ce moment alors je vais me contenter de relayer une lettre ouverte de bluetouff qui mériterait d'être lue par le plus grand nombre - en particulier par tous ceux qui croient (y en a-t-il encore ?) que le gouvernement Sarkozy mène une politique "libérale" :
Lettre ouverte aux députés qui ont voté HADOPI et qui tuent des PME
Cette loi HADOPI, comme tant d'autres décisions gouvernementales (bientôt sur vos écrans, les dépenses du grand emprunt ), ne vise qu'à enrichir une minorité en mettant l'Etat à son service. C'est ce que certains nomment social-bourgeoisie.
11 décembre 2009
Par Oaz, le 11 décembre 2009, 01:52 - Sicap
Deux billets d'une rare limpidité à lire de toute urgence chez Narvic pour comprendre l'impact d'internet sur la presse et, plus généralement, sur la distribution de produits culturels.
Google n’est pas un voleur, ou la fable de l’eau conceptuelle et du robinet
Les éditeurs de presse, dans la nasse de l’économie numérique
8 décembre 2009
Par Oaz, le 8 décembre 2009, 00:40 - Sicap
Un petit billet pour rebondir sur diverses réactions engendrées par un point de la réforme des lycées : la suppression de l'enseignement d'histoire-géographie en classe de terminale scientifique.
On a d'un côté la bien-pensance habituelle dans ce genre de situations, celle qui, rangée derrière un texte de Jacques Sapir, prédit la fin du monde de la culture française. Il parait qu'il y a même une pétition pour soutenir ces idées là. En voilà au moins une que je ne regretterai pas de ne pas avoir signé !
On retrouve ce genre de position chez les commentateurs habituels des questions d'éducation dans la blogosphère politique à gauche et au centre.
Je ne dis pas que leurs préoccupations ne sont pas légitimes mais elles sont l'arbre qui cache la forêt.
Dans le camp d'en face, on retrouve le soutien au gouvernement, même chez des personnes connues pour avoir une certaine liberté de ton. Authueil explique que "cette réforme n'est pas là pour sanctionner l'histoire, mais pour renforcer l'enseignement en Sciences, qui est un vrai problème". A ce niveau là et compte tenu du volume d'heures de sciences supprimées par la réforme, ce n'est pas de l'explication, c'est du foutage de gueule.
Le député Lionel Tardy publie une FAQ sur le sujet dans laquelle on peut entrevoir le dessein du gouvernement :
Concrètement, avec cette réforme, un élève qui souhaite aller en terminale L à la fin d’une 1ère S ne sera plus obligé de rattraper tout le programme d’histoire-géographie mais seulement les matières de spécialisation de la série L : c’est une avancée considérable pour les élèves !
Parce que le véritable enjeu de cette réforme il est là : uniformiser l'enseignement secondaire. Les collégiens des 20 dernières années ont eu le collège unique. De gré ou de force, les lycéens des 20 suivantes auront le lycée unique. Celui où tout le monde devra apprendre la même chose parce que c'est une formidable avancée égalitariste. Celui où, à l'instar d'un collège redevenu à peine une école primaire supérieure, on calquera le tronc commun sur un contenu minimaliste et où l'on n'apprendra plus rien.
L'ilot de lucidité dans cet océan de destruction du système éducatif est à lire chez Jean-Paul Brighelli :
Sur la base de trois années de lycée, un élève de Section S aura perdu 54 heures d’Histoire-Géo — et, au passage, 198 heures d’enseignements scientifiques — si ! Rien d’étonnant : dans le même temps, un élève de série L aura perdu 54 heures d’enseignements littéraires — et je n’évoquerai que pour la forme le fait qu’il ne fera plus de maths en Première…
...
Tout cela pour mieux « rééquilibrer les matières » (on en enlève un peu partout) et les séries, favoriser l’apprentissage des langues, et mieux encadrer les élèves, auxquels on enlève des heures de cours en échange… en échange de quoi ? De deux heures d’« accompagnement personnalisé » — c’est-à-dire de ce que tous les profs de France font gracieusement, en sus de leurs heures de cours
...
C’est au collège, bien plus qu’au lycée, qu’il faut repenser l’orientation. C’est au collège qu’il faut entamer la reconquête des séries professionnelles — non au lycée, en inventant je ne sais quelles passerelles que les formations différenciées rendent infranchissables.
4 décembre 2009
Par Oaz, le 4 décembre 2009, 23:53 - Sicap
Voilà. Il fallait bien que cela arrive un jour : je n'ai plus l'impression d'avoir quoi que ce soit à faire en tant qu'adhérent du Modem. Ce choix n'a strictement rien à voir avec les états d'ame ou les prises de position des uns et des autres.
Il se trouve que, deux ans après un congrès mémorable, je ne pense pas avoir trouvé une structure qui réponde à mes attentes. Cela ne signifie pas que je m'arrêterai de parler du Modem sur ce blog ou je ne voterai pas pour le Modem dans les élections à venir, mais cela sera en tant que simple citoyen et électeur.
En attendant que la norme soit à l'engagement transpartisan, le problème de l'appartenance à un parti politique, quel qu'il soit, c'est qu'il y aura toujours quelqu'un pour reprocher, à un moment ou à un autre, de ne pas apporter un soutien sans faille et inconditionnel. La retenue et l'autocensure, ce n'est vraiment pas pour moi. Les machines à présenter des candidats, non plus.
Au delà de ces considérations stratégiques, j'ai vraiment un problème avec le projet du Modem. Il est loin d'être mauvais mais il correspond de moins en moins aux sujets qui me tiennent le plus à coeur. Le moment me semble venu d'entamer un petit voyage dans des paturages politiques voisins, où, même si l'herbe n'y est jamais plus verte, on peut envisager les choses sous d'autres perspectives.
30 novembre 2009
Par Oaz, le 30 novembre 2009, 23:10 - Sicap
Jean Véronis vient d'annoncer une modification dans l'algorithme de prise en compte des liens pour le classement Wikio. Le principe est simple : pour éviter de donner trop de poids aux liens "entre amis" que se font les blogueurs de manière récurrente, les liens vers le même blog auront une valeur plus faible au fil des mois. Le seul moyen pour faire remonter cette valeur sera l'abstinence de lien vers le blog concerné.
En fait, Jean Véronis est peut être en train d'introduire, par ricochet, un principe de jachère. S'abstenir de mettre un lien, c'est en quelque sorte préparer le terrain pour que les liens suivants aient plus de poids.
Il y a fort longtemps, les paysans réglaient leur culture selon un principe d'assolement triennal. Que serait le bon rythme pour les blogs ? Collera-t-il avec celui qui optimise la distribution de points wikio ?
Après un calcul rapide (merci de me corriger le cas échéant), l'optimum wikio serait trimestriel : donner des liens à un blog pendant 2 mois et s'abstenir le 3ème mois.
La liste des "bonnes pratiques" pour optimiser sa distribution de points wikio continue donc de s'allonger. Est-ce que l'abstinence de lien sera une pratique répandue ? On verra bien... En tout cas, avec ma fréquence de publication actuelle j'ai de fortes chances de la mettre en oeuvre sans même y penser !
19 novembre 2009
Par Oaz, le 19 novembre 2009, 23:54 - Sicap
Il suffit d'un match de foot avec un enjeu important et une action litigieuse pour que le web soupire de honte et ne se remette pas d'une certaine forme de tricherie.
Il n'en fallait pas plus pour que ressorte le débat sur l'arbitrage video. Il faut dire que la France peut compter sur de grands spécialistes de la question qui estiment que le football doit évoluer pour faire la part belle au flicage généralisé des joueurs sur le terrain.
Voilà qui doit bien faire plaisir aux businessmen du ballond rond et à leurs porte-paroles. Que rêver de mieux qu'un football aseptisé où toute l'humanité et toutes les incertitudes seraient enfin maitrisées pour le plus grand bonheur des actionnaires ?
Même ceux que l'on n'attendait pas dans ce débat y vont de leur commentaire débile.
Il est quand même assez incroyable de constater que ceux qui réclament le plus la video pour aider l'arbitre sont ceux qui vivent du football sans y jouer tandis que ceux qui y jouent ou y ont joué ont un avis mitigé voire carrément hostile à l'introduction de toute technologie.
Et il y a au moins 2 bonnes raisons à cela. La première c'est que si l'on commence à mettre un peu de video, on ne cessera d'en rajouter. La moindre action anodine devra être épiée car elle est susceptible de changer le cours d'un match. La deuxième, et probablement la plus importante, c'est que l'universalité du football est en grande partie due à la possibilité de jouer au même jeu que l'on soit au stade de France ou sur un terrain semi-désert en rase campagne un dimanche matin.
12 novembre 2009
Par Oaz, le 12 novembre 2009, 23:48 - Sicap
Hier, comme tous les ans, je me suis rendu aux cérémonies du 11 novembre de ma commune. Je n'affectionne pas particulièrement ce genre de manifestation mais les enseignants de l'école élémentaire sollicitent régulièrement les parents à cette occasion dans le cadre de "l'éducation à la citoyenneté". Et puis ce contexte en vaut bien d'autres lorsqu'il s'agit de parler d'Histoire.
Bien sûr, je me demande toujours pourquoi les seuls drapeaux qui défilent sont des drapeaux français. Je me demande également si "l'appel aux morts" s'offrira un jour un petit lifting de circonstance. Dire de chacune des victimes "mort pour la France", c'est bien mais on pourrait imaginer des variantes : "mort pour la paix", "mort pour l'Europe", ...
Mais ce qui m'a le plus marqué cette année c'est un énergumène qui, la cérémonie terminée, n'a cessé de vitupérer contre le manque de civisme de l'assistance. Pensez donc : personne n'a entonné haut et fort les paroles de la Marseillaise lorsque la troupe de l'école de musique locale a joué l'hymne national. "Ceux qui sont morts, là, ils la connaissaient la Marseillaise, eux !"
C'est ce genre d'individus qui me fait penser que les commémorations de cette armistice devraient évoluer. Cela ne rimerait a rien de les supprimer mais jouer un éternel sketch très "identité nationale" n'a guère plus de sens.
9 novembre 2009
Par Oaz, le 9 novembre 2009, 13:53 - Sicap
J'ai quelques chaines de retard. Je vais commencer par la plus récente. Celle de Mathieu L. qui, suite à une annonce du président de la république "le redoublement doit devenir l'exception", s'interroge sur la question du redoublement dans le système éducatif français.
J'ai un a priori plutôt négatif sur le redoublement (ou le "maintien" d'un élève selon le vocabulaire politiquement correct en vigueur dans l'ednat). En juillet dernier, je parlais de cette élève qui a eu la bonne idée de quitter le système public pour éviter un redoublement contre-productif.
Cela ne signifie pas pour autant que le principe du redoublement doit être simplement éradiqué que ce soit pour des raisons égalitaristes ou pour des raisons budgétaires.
Pour ce qui est de l'enseignement primaire, il a été montré que tout se joue avant le CP. Donc redoubler au primaire ne sert à rien. C'est sur l'école maternelle qu'il faut faire porter l'effort pour permettre aux élèves de suivre par la suite. Mais c'est un autre débat...
Sur l'enseignement secondaire, je n'ai pas vraiment de réflexion supplémentaire par rapport à ce que j'écrivais en juin suite aux annonces sur la réforme des lycées. C'est la façon d'envisager la progression des élèves dans le système qui est à revoir en profondeur, tout particulièrement en ce qui concerne la notion de "classe".
Si je devais résumer en quelques lignes les objectifs qui me semblent souhaitables, je dirais que le système doit être organisé pour respecter les droits suivants :
Tout élève a droit à l'enseignement de son choix en ce qui concerne les matières étudiées parmi celles proposées par le système et ce, sans contrainte d'orientation imposée par le système en question. Pour les élèves mineurs, le choix est soumis à l'approbation des parents.
Tout enseignant a droit à faire cours à un ensemble d'élèves capables de suivre l'enseignement proposé, cette capacité ayant été vérifiée par la présence de certains pré-requis obtenus dans un cours précédent.
Sur ces bonnes paroles, je passe le flambeau (s'ils le veulent bien) à des éternels étudiants (comprendre : ayant largement dépassé le stade du bac+5) : Florent (s'il a encore le temps de bloguer), le crapaud du marais (si le sujet l'intéresse), Florian (qui a récemment ouvert un blog) et, bien évidemment, Claudio (qui cherche des sujets d'articles).
8 novembre 2009
Par Oaz, le 8 novembre 2009, 00:37 - Sicap
Je sors un peu de mon silence pour parler -encore une fois- des banales péripéties de la vie quotidienne.
Ma fille ainée (8 ans) est myope. Cela a été détecté il y a un an et ses examens semestriels montrent une progression régulière de sa myopie qui l'oblige a changer de lunettes après chaque examen. Rien d'exceptionnel à cela.
Ce qui l'est un peu plus, ce sont des parents qui font confiance à l'action combinée du système de santé de leur pays et de leur complémentaire maladie et qui tombent des nues lorsqu'ils apprennent que la prochaine paire de lunettes ne sera pas remboursée. Rien. Zéro. Que dalle.
La sécu française ne rembourse que très faiblement les besoins en verres correcteurs mais elle se permet en plus d'édicter des règles que personne n'aurait pu inventer : quand la vue évolue, on a droit au remboursement d'une nouvelle paire de lunettes. Sauf si on a entre 6 et 18 ans.
Oui, c'est comme ça. Avant 6 ans, on a droit a autant de paires de lunettes que nécessaire lorsque la vue évolue. Après 18 ans, idem. Entre les deux, on peut aller se faire voir. Comme par hasard, c'est dans cette période où le besoin est le plus criant que l'on n'a droit qu'à une seule paire de verres par an. Et quand, en l'occurrence, la vue a fortement baissé en 6 mois, on ne peut rien y faire.
Si la sécu est défaillante, allons voir notre mutuelle. Celle-ci nous fournit des prestations qui me semblent plutôt confortables (à la mesure de leurs tarifs, pourrait-on dire) : le remboursement des verres aux frais réels + la monture à hauteur de 170 euros. Mais il y a une condition : ces prestations ne s'appliquent que lorsque la sécu rembourse sa part de la paire de lunettes. Dans le cas contraire, il n'y a rien...
J'ai eu au bout du fil une aimable personne à qui je n'ai pas manqué de faire remarquer que nous avions été très raisonnables pour les paires précédentes (montures à 50€, aucune option de grand confort sur les verres) mais les arguments n'ont pas eu l'air d'avoir le moindre effet. Mon interlocutrice m'a même dit qu'elle comprenanit tout à fait ma position lorsque j'ai signalé que leur facture risquait d'être autrement plus salée la prochaine fois.
En dernier recours, mon épouse a appelé l'opticien pour savoir ce qui était envisageable. Et là, coup de théatre : on nous a proposé de mettre gratuitement de nouveaux verres correcteurs sur la monture actuelle.
Je ne sais pas encore quelles conclusions tirer de cet épisode. Il est probable que les opticiens peuvent se permettre certains gestes commerciaux parce que les mutuelles, à travers leurs taux de remboursement, leurs garantissent, par ailleurs, un certain revenu.
Mais la prochaine fois que quelqu'un me dira qu'un système de santé ne devrait pas faire autant de place au secteur privé, je réfléchirai un peu plus avant d'acquiescer.
21 octobre 2009
Par Oaz, le 21 octobre 2009, 23:59 - Sicap
Cette liste, c'est celle des 40 auteurs du livre "La Bataille Hadopi" qui sortira le 29 octobre prochain et que l'on peut déjà pré-commander sur le site d'In Libro Veritas (j'ai pris la version petit format à 12€ port compris).
Les auteurs dans l'ordre alphabétique :
Pierre Aidembaum, Philippe Aigrain, Eric Aouanès, Jacques Attali, Olivier Auber, Benjamin Bayart, Martine Billard, Patrick Bloche, Jérôme Bourreau-Guggenheim, Jacques Boutault, Juan Paolo Branco Lopez, Jean-Pierre Brard, Sébastien Canevet, Guillaume Champeau, Laurent Chemla, Daniel Cohn-Bendit, Didier Guillon-Cottard, Nicolas Dupont-Aignan, Bituur Esztreym, Frédéric Fabi, Nicolas Gary, Alexandre Grauer & artistes/labels, Benjamin Jean, Francis Lalanne, Philippe Langlois, Collectif Libre-Accès, Alain Lipietz, André Malraux, Bruno Moguil, Antoine Moreau, Francis Muguet, Jérémie Nestel, Philippe-Charles Nestel, Joseph Paris, Mathieu Pasquini, Christian Paul, Marc Rees, Annick Rivoire, Maxime Rouquet, Benoit Sibaud, Michel Sitbon, Richard M. Stallman, Najat Vallaud-Belkacem, et Jérémie Zimmermann.
Les droits d'auteur seront reversés aux cinq gus dans un garage à qui j'ai eu le plaisir, comme tant d'autres, de donner un coup de main au printemps dernier.
Pour ceux qui seront à Paris le 29 octobre, il y a aussi une soirée au Fouquet's à l'occasion de la sortie du livre. Pour ma part, je serai à près de 7000 km de là, mais ceci est une autre histoire.
Alors, vous avez trouvé les absents de la liste ?
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