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8 décembre 2009

Réforme de l'enseignement d'histoire-géographie : un pas de plus vers le lycée unique

Un petit billet pour rebondir sur diverses réactions engendrées par un point de la réforme des lycées : la suppression de l'enseignement d'histoire-géographie en classe de terminale scientifique.

On a d'un côté la bien-pensance habituelle dans ce genre de situations, celle qui, rangée derrière un texte de Jacques Sapir, prédit la fin du monde de la culture française. Il parait qu'il y a même une pétition pour soutenir ces idées là. En voilà au moins une que je ne regretterai pas de ne pas avoir signé !
On retrouve ce genre de position chez les commentateurs habituels des questions d'éducation dans la blogosphère politique à gauche et au centre.
Je ne dis pas que leurs préoccupations ne sont pas légitimes mais elles sont l'arbre qui cache la forêt.

Dans le camp d'en face, on retrouve le soutien au gouvernement, même chez des personnes connues pour avoir une certaine liberté de ton. Authueil explique que "cette réforme n'est pas là pour sanctionner l'histoire, mais pour renforcer l'enseignement en Sciences, qui est un vrai problème". A ce niveau là et compte tenu du volume d'heures de sciences supprimées par la réforme, ce n'est pas de l'explication, c'est du foutage de gueule.
Le député Lionel Tardy publie une FAQ sur le sujet dans laquelle on peut entrevoir le dessein du gouvernement :
Concrètement, avec cette réforme, un élève qui souhaite aller en terminale L à la fin d’une 1ère S ne sera plus obligé de rattraper tout le programme d’histoire-géographie mais seulement les matières de spécialisation de la série L : c’est une avancée considérable pour les élèves !

Parce que le véritable enjeu de cette réforme il est là : uniformiser l'enseignement secondaire. Les collégiens des 20 dernières années ont eu le collège unique. De gré ou de force, les lycéens des 20 suivantes auront le lycée unique. Celui où tout le monde devra apprendre la même chose parce que c'est une formidable avancée égalitariste. Celui où, à l'instar d'un collège redevenu à peine une école primaire supérieure, on calquera le tronc commun sur un contenu minimaliste et où l'on n'apprendra plus rien.

L'ilot de lucidité dans cet océan de destruction du système éducatif est à lire chez Jean-Paul Brighelli :
Sur la base de trois années de lycée, un élève de Section S aura perdu 54 heures d’Histoire-Géo — et, au passage, 198 heures d’enseignements scientifiques — si ! Rien d’étonnant : dans le même temps, un élève de série L aura perdu 54 heures d’enseignements littéraires — et je n’évoquerai que pour la forme le fait qu’il ne fera plus de maths en Première…
...
Tout cela pour mieux « rééquilibrer les matières » (on en enlève un peu partout) et les séries, favoriser l’apprentissage des langues, et mieux encadrer les élèves, auxquels on enlève des heures de cours en échange… en échange de quoi ? De deux heures d’« accompagnement personnalisé » — c’est-à-dire de ce que tous les profs de France font gracieusement, en sus de leurs heures de cours
...
C’est au collège, bien plus qu’au lycée, qu’il faut repenser l’orientation. C’est au collège qu’il faut entamer la reconquête des séries professionnelles — non au lycée, en inventant je ne sais quelles passerelles que les formations différenciées rendent infranchissables.

9 novembre 2009

La chaîne du redoublement

J'ai quelques chaines de retard. Je vais commencer par la plus récente. Celle de Mathieu L. qui, suite à une annonce du président de la république "le redoublement doit devenir l'exception", s'interroge sur la question du redoublement dans le système éducatif français.

J'ai un a priori plutôt négatif sur le redoublement (ou le "maintien" d'un élève selon le vocabulaire politiquement correct en vigueur dans l'ednat). En juillet dernier, je parlais de cette élève qui a eu la bonne idée de quitter le système public pour éviter un redoublement contre-productif.
Cela ne signifie pas pour autant que le principe du redoublement doit être simplement éradiqué que ce soit pour des raisons égalitaristes ou pour des raisons budgétaires.

Pour ce qui est de l'enseignement primaire, il a été montré que tout se joue avant le CP. Donc redoubler au primaire ne sert à rien. C'est sur l'école maternelle qu'il faut faire porter l'effort pour permettre aux élèves de suivre par la suite. Mais c'est un autre débat...

Sur l'enseignement secondaire, je n'ai pas vraiment de réflexion supplémentaire par rapport à ce que j'écrivais en juin suite aux annonces sur la réforme des lycées. C'est la façon d'envisager la progression des élèves dans le système qui est à revoir en profondeur, tout particulièrement en ce qui concerne la notion de "classe".
Si je devais résumer en quelques lignes les objectifs qui me semblent souhaitables, je dirais que le système doit être organisé pour respecter les droits suivants :

Tout élève a droit à l'enseignement de son choix en ce qui concerne les matières étudiées parmi celles proposées par le système et ce, sans contrainte d'orientation imposée par le système en question. Pour les élèves mineurs, le choix est soumis à l'approbation des parents.
Tout enseignant a droit à faire cours à un ensemble d'élèves capables de suivre l'enseignement proposé, cette capacité ayant été vérifiée par la présence de certains pré-requis obtenus dans un cours précédent.

Sur ces bonnes paroles, je passe le flambeau (s'ils le veulent bien) à des éternels étudiants (comprendre : ayant largement dépassé le stade du bac+5) : Florent (s'il a encore le temps de bloguer), le crapaud du marais (si le sujet l'intéresse), Florian (qui a récemment ouvert un blog) et, bien évidemment, Claudio (qui cherche des sujets d'articles).

8 septembre 2009

L'incroyable incompétence du ministère de l'éducation nationale : supprimer une classe une semaine après la rentrée

Les parents d'élèves de notre commune, Roques sur Garonne, ont appris aujourd'hui qu'une classe de l'école primaire allait être très probablement supprimée dès lundi prochain. Une manifestation est prévue mercredi soir à 18 heures à l'école.

Quand j'ai vu le titre de l'email 'URGENT FERMETURE DE CLASSE', j'ai d'abord cru que la fameuse grippe était arrivée à nos portes. Ce n'est qu'en prenant connaissance des détails que j'ai compris. Il ne s'agit pas d'une fermeture mais d'une suppression définitive.

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7 juillet 2009

Lycée public, souplesse et lucidité

Il y a un an, à la fin de son année en classe de première scientifique, elle a tourné le dos aux sciences physiques et naturelles qui n'étaient pas vraiment faites pour elle.
Elle pensait trouver sa voie en filière économique et sociale. Avec ses bonnes moyennes en français, en maths ou en histoire-géo, une légère réorientation ne poserait aucun problème. Elle se voyait même passer directement de la 1ère S à la terminale ES.

Mais dans un lycée public de l'éducation nationale, les choses ne sont jamais aussi simples. Elle était la bienvenue en 1ère ES, mais de terminale, il ne pouvait même pas en être question.
Alors elle est partie dans un lycée privé où on lui a même proposé une rapide remise à niveau pendant l'été avant son entrée en terminale ES.

C'était il y a à peine un an. Aujourd'hui, elle vient de décrocher son bac ES avec mention Très Bien.

Quel est donc ce système éducatif qui n'est même pas fichu de détecter les capacités d'un élève de lycée et d'effectuer de légères adaptations à la rigidité de son règlement ?

13 juin 2009

Si on apprend tous la même chose, c'est qu'on n'apprend plus rien

Les questions de réforme du système éducatif reviennent régulièrement dans l'actualité et la remise du rapport de Richard Descoings concernant l'avenir du lycée est l'occasion pour quelques blogueurs d'aborder le sujet.

L'hérétique n'aime pas trop ce monsieur Descoings qui fleure l'égalitarisme et il le fait savoir. A l'opposé, Hypos, qui a rencontré R.Descoings, apprécie sa méthode et regrette des attaques qui seraient injustifiées.
Mathieu le privilégié met en perspective les problèmes posés par les objectifs chiffrés en termes de réussite à un examen et pose une question essentielle : le lycée doit-il rester un système élitiste de sélection ou doit-il être plus ouvert ? A cela, Rubin semble répondre que le système éducatif ne devrait pas imposer des choix d'orientation trop tôt, ceci afin de laisser le plus d'options ouvertes à un age où on n'est pas prêt pour faire des choix décisifs. Une telle évolution permettrait de ramener le système éducatif à ses racines élitistes "républicaines".

Il y a beaucoup de choses à répondre à cela...

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15 mai 2009

Culture et éducation : proximité du Modem et des Verts au niveau européen

Mon précédent billet portait sur l'arbre phylogénétique des députés européens. Laure y a évoqué la question des types de délibération. L'arbre complet donne une vue globale qui prend en compte l'ensemble des votes mais on peut supposer que, en fonction du sujet traité, les points de vue des uns et des autres peuvent se rapprocher ou s'éloigner.

J'ai donc refait l'exercice en me limitant aux votes classés sous le thème "Culture et Education" et voilà le résultat :

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5 avril 2009

La fin de la sélection par les maths

A l'heure où la "réforme Darcos" de l'éducation nationale patauge, certains enseignants découvrent ce que leur promet de manière concrète la prochaine année scolaire. C'est le cas des professeurs de mathématiques qui ont pu apprécier le projet de programme applicable dès la rentrée 2009 dans les classes de seconde.

Ce changement de programme est incontournable : les programmes de mathématiques du collège ont été modifiés ces dernières années et les programmes du lycée doivent être adaptés pour assurer une continuité.

Le document actuellement disponible n'est qu'un projet qui peut être amendé jusqu'à la mi-mai mais il donne vraisemblablement une bonne image de ce que devient l'enseignement des mathématiques, tant le terme de "consultation" apparait aujourd'hui galvaudé.

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25 novembre 2008

Haute Autorité pour le Lessivage Des Esprits

La HALDE est un de ces organismes auquel je n'ai jamais jugé bon de prêter une grande attention. Ne pas procéder à des discriminations, c'est bien, mais mettre en place une lutte systématique, j'ai toujours trouvé ça un peu limite, un peu comme ces histoires de discriminations positives. Toute existence de quota est une restriction à la liberté de chacun.

Ceci étant dit, la lutte contre les discriminations, c'est une chose, mais ce que j'apprends aujourd'hui par l'intermédiaire de l'association des professeurs de lettres, est d'une toute autre envergure.
Non satisfaite d'exercer une influence, cette Halde s'est mise en tête de faire correspondre les écrits à sa vision du monde tel qu'il devrait être, en faisant parfois abstraction de ce qu'il a été ou de ce qu'il est encore. Son étude sur la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires contient quelques observations assez surprenantes.

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7 octobre 2008

Pas de service minimum pour la langue de bois

Aujourd'hui est le premier grand test pour la loi sur le service minimum à l'école promulguée le 20 aout dernier. Les municipalités de "gauche" seront les plus observées. A Paris, Bertrand Delanoë va appliquer la loi mais certains maires refusent de devenir des briseurs de grève, comme en Seine St-Denis.

En Haute-Garonne, la situation est plus alambiquée. Il semblerait que la plupart des maires se soient donné le mot pour ne pas appliquer la loi mais en prenant bien soin de se retrancher derrière quelques justifications vaseuses.

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5 octobre 2008

Qu'apprend-t-on en petite section d'école maternelle ?

Je vois plusieurs blogs qui reviennent sur les propos de Xavier Darcos concernant la scolarisation des 2-3 ans. Ecopublix fait une synthèse des analyses économiques concernant les coûts pour la collectivité. L'hérétique en remet une couche (si j'ose dire) sur le vocabulaire du ministre de l'éducation.

Cela me rappelle que, pris par d'autres préoccupations, j'avais oublié d'évoquer l'entrée de ma dernière, Cassandre, en petite section de maternelle.
Comme il est d'usage, l'enseignante reçoit les parents pour expliquer le déroulement de l'année scolaire et, malgré mes 2 expériences précédentes, j'y ai appris quelques nouveautés.

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